Neuf mois après la rupture marquée par le retrait des pays du Sahel, la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES) ont entamé à Dakar leurs premières négociations formelles. Réunis le 17 octobre, les deux blocs ont convenu de créer des groupes de travail conjoints pour poser les bases d’un futur partenariat, avec l’ambition de préserver 50 ans d’acquis régionaux sans renoncer à la souveraineté retrouvée.
Réunies à Dakar, capitale du Sénégal, l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont franchi une étape décisive vers le dialogue le samedi 17 octobre en convenant de créer des groupes de travail conjoints chargés de poser les jalons d’un futur accord-cadre de coopération. Cette reprise de contact stratégique intervient neuf mois après le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, entériné le 29 janvier 2025.

Ces concertations visent à préserver les liens séculaires entre les peuples ouest-africains à travers des enjeux capitaux tels que la libre circulation des personnes et des biens, les échanges commerciaux, la coopération sécuritaire et l’intégration régionale. Pour encadrer ces travaux, Birame Diop, Président de la Commission de la CEDEAO, a insisté sur la nécessité de fixer un cap politique clair et des lignes directrices strictes, estimant que l’équipe d’experts ne peut négocier que dans l’espace défini par les dirigeants et s’appuyant sur la documentation fournie comme base de décision politique pour parler d’une seule voix.
Dans cette même dynamique méthodologique, Lansana Kouyaté, Négociateur en chef, a rappelé que sa mission s’articule autour de trois objectifs : maintenir ouverts en permanence les canaux de concertation, définir de nouvelles modalités de relations fondées sur le respect mutuel des choix souverains, et préserver ce que plus de cinquante années d’intégration ont bâti pour les populations. Cet engagement fraternel est également souligné par Karamoko Jean Marie Traoré, Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, qui rappelle que ces acquis patrimoniaux appartiennent aux populations ouest-africaines à la suite d’un demi-siècle de marche commune.
Dans la lignée des premières consultations de mai 2025 à Bamako, ces échanges ouverts à Dakar marquent la volonté des deux parties de bâtir une relation partenariale renouvelée, conciliant la réalité de la nouvelle Confédération de l’AES et le maintien d’un espace économique et social fluide, tout en articulant la souveraineté retrouvée des États du Sahel et la solidarité régionale.
Par Guinee28

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