Le parquet près le Tribunal de première instance de Kindia a officiellement interjeté appel des condamnations fermes prononcées contre les élèves impliqués dans une affaire de fraude au baccalauréat, entraînant leur transfert immédiat vers la Cour d’appel de Conakry. Cette décision judiciaire majeure intervient dans un climat de crise aiguë, survenant quelques jours seulement après le décès de l’un des prévenus incarcérés, Mamadou Djouma Bah.
L’élève est décédé mardi à l’hôpital régional de Kindia, établissement où il avait été admis en urgence à la suite d’une maladie survenue après plusieurs jours de détention. Cette incarcération découlait directement du jugement rendu en première instance : le tribunal avait en effet décidé de prononcer des peines de prison fermes, allant à l’encontre des réquisitions du procureur de la République qui avait plaidé pour « une peine assortie de sursis ». C’est ce décalage entre les réquisitions et le verdict qui a poussé le ministère public à saisir la juridiction supérieure.
Selon plusieurs sources locales, le reste du groupe est « actuellement en cours de transfert vers Conakry », où le dossier sera entièrement réexaminé en second ressort. Ce développement procédural se déroule alors que la cité des agrumes est traversée par une vive émotion populaire. Depuis l’annonce du décès du candidat en début de semaine, de nombreux lycéens ont investi les rues pour organiser plusieurs manifestations. Ils dénoncent la situation, réclament la vérité sur les circonstances du décès de leur camarade et exigent une révision immédiate des peines infligées aux autres élèves.
Face à ces tensions palpables et aux inquiétudes grandissantes des familles et de la communauté éducative, les autorités locales tentent de désamorcer la crise. Elles ont lancé un appel au calme à l’attention des manifestants et exhortent les différentes parties à « faire confiance à la justice », dont la Cour d’appel de Conakry porte désormais l’entière responsabilité du dénouement de cette affaire.
Par I.Sylla


