Un jeune mineur guinéen de 14 ans, prénommé Abdouramane, a été retrouvé mort par pendaison le vendredi 18 septembre dans sa chambre d’un foyer d’accueil à Clermont-Ferrand, dans le centre de la France, entraînant l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire.
Le procureur de la République de la juridiction locale, Éric Serfass, a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP), corroborant une information du quotidien régional La Montagne, que des investigations et des analyses sont actuellement en cours pour déterminer avec précision les causes de ce drame.
L’adolescent guinéen était pris en charge au sein du Dispositif départemental d’accueil, d’évaluation et d’orientation des mineurs non accompagnés (Ddaeomi), une structure de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) gérée par l’association française Anras.
Les circonstances ayant mené à ce décès s’inscrivent dans un contexte de profonde détresse psychologique, selon les témoignages de l’entourage du garçon recueillis par l’AFP.
Arrivé de Conakry il y a plusieurs mois, le jeune homme souffrait d’isolement et se plaignait d’un encadrement insuffisant en France. Thierry Tailhandier, responsable local du syndicat CGT Santé et Action sociale, a précisé à l’AFP que l’adolescent présentait un profil rendu complexe par des traumatismes directement liés à son exil et à ses conditions d’arrivée en Europe.
Le syndicaliste a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un accident, dénonçant un manque critique de moyens pour accompagner ces mineurs isolés malgré l’engagement des travailleurs sociaux.
Ce décès a immédiatement soulevé des interrogations au sein de la classe politique française quant aux ressources allouées à la protection des jeunes migrants. Sur Facebook, le groupe d’opposition départementale locale La Gauche Sociale et Écologiste a appelé à une meilleure protection des enfants confiés aux institutions, refusant qu’Abdouramane ne devienne qu’un simple dossier.
Dans la même lignée, une élue nationale française, la députée Marianne Maximi, a publiquement déclaré que la force publique avait manqué à sa mission d’aide et devait en tirer toutes les conséquences. Sollicitées par l’AFP, les autorités départementales françaises et la direction du foyer d’accueil n’ont souhaité faire aucune déclaration, s’en remettant exclusivement aux conclusions de la justice.
Par I.Sylla


