Le président Mamadi Doumbouya a formalisé une nouvelle procédure encadrant l’exportation de l’or et des métaux associés sur le territoire national, imposant désormais leur raffinage ou affinage préalable au sein d’une installation locale agréée, selon un décret lu à la télévision publique le vendredi 2 octobre 2026. Cette mesure, détaillée par le porte-parole du Gouvernement Faya François Bourouno, a pour objectif de renforcer la traçabilité des minerais, d’optimiser le contrôle fiscal et d’assurer une meilleure valorisation locale des ressources précieuses du pays.
Pour mettre en œuvre cette politique, l’Office Guinéen d’Expertise de l’Or, du Diamant et autres Matières Précieuses (OGED) a été désigné comme guichet central de la procédure. Toute personne morale souhaitant exporter doit y déposer un dossier rigoureux justifiant de l’origine licite de l’or et de la régularité du circuit de transformation.
Ce dossier doit impérativement inclure le certificat de raffinage, les rapports de titrage avant et après traitement, le poids exact du lot, les attestations de conformité fiscale (immatriculation et quitus à jour), ainsi que l’ensemble des données logistiques incluant les informations du vol et la destination finale. Une fois la conformité des documents établie, l’OGED coordonne la suite des opérations avec la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et la Direction Générale des Douanes.
La sécurisation physique de la marchandise constitue l’autre axe majeur de ce nouveau dispositif réglementaire. Les opérations de pesée, de conditionnement et de scellage sont désormais réalisées directement dans l’enceinte de la raffinerie, en présence du propriétaire de l’or, des agents de l’OGED, de la douane, de la BCRG et de la Brigade Anti-Fraude des Matières Précieuses.
Les colis scellés font ensuite l’objet d’un convoyage sécurisé vers l’aéroport par ces mêmes entités et des sociétés privées agréées, ou sont stockés dans les caveaux de la raffinerie pour une durée n’excédant pas quinze jours calendaires.
Sur le plan financier, l’exportation est conditionnée au règlement préalable de la taxe sur la production industrielle ou semi-industrielle, liquidée sur la base du poids, du titrage de l’or et du fixing de l’après-midi (PM Fixing) de la bourse de Londres.
Parallèlement, les raffineries ont pour obligation légale de soumettre des rapports de production exhaustifs à l’OGED, à la BCRG, aux douanes et au Laboratoire National de la Géologie. Un délai strict de 72 heures est accordé aux entreprises pour régulariser tout écart fiscal constaté lors de la liquidation finale. Les frais de prestation liés à ces contrôles seront prochainement fixés par un arrêté conjoint des ministères des Mines, des Finances et de la BCRG.
Cette réforme en profondeur de la filière aurifère intervient alors que le pays maintient une activité d’extraction soutenue, concentrée dans les régions de Kankan et de Faranah. Selon les données du ministère des Mines et de la Géologie, la Guinée a exporté 40,28 tonnes d’or au cours du premier semestre 2026, dont 29,23 tonnes (près de 73 %) sont issues de l’exploitation artisanale. Ce volume s’inscrit dans la continuité de l’année 2025, durant laquelle les exportations nationales avaient atteint 72,12 tonnes d’or.
Par Mariam Bâ


