Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a ordonné, ce lundi 6 juillet 2026, l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Aboubacar Kourouma, directeur général de l’Agence guinéenne d’exécution des travaux d’intérêt public et emploi (AGETIPE), ainsi que d’autres individus non identifiés, pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Saisi à la suite de dénonciations formelles assorties de pièces justificatives enregistrées sous le numéro 233 le 1er juillet 2026, le parquet spécial a officiellement transmis ce dossier au directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF). Selon le communiqué du parquet, les personnalités mises en cause font face à de lourds soupçons incluant l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent, la corruption d’agent public, la violation des règles de finances publiques, le faux, l’usage de faux et la complicité.
Les dénonciations reçues par l’institution judiciaire mettent en évidence de « graves dysfonctionnements » au sein de l’AGETIPE. D’après le document du procureur spécial, ces anomalies concerneraient spécifiquement l’exécution des fonds alloués par l’État, révélant de potentielles violations des règles relatives à la gestion budgétaire et à la comptabilité publique sur fond d’infractions assimilées à la corruption.
Sur le plan de la légalité, cette action judiciaire est fondée sur les articles 46 et 47 du Code de procédure pénale guinéen, l’article 16 alinéa 2 de l’ordonnance régissant la CRIEF, ainsi que sur les lois relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et la corruption.
Pour assurer le bon déroulement de cette procédure confiée aux services compétents de l’ORDEF, la supervision des investigations a été déléguée à trois substituts. Dans ses réquisitions finales, Alphonse Charles Wright a formellement appelé les enquêteurs à faire preuve de diligence tout en insistant sur le respect absolu du secret et du caractère confidentiel de l’enquête.
Par I.Sylla


