Connect with us

A LA UNE

Tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau : la situation est « sous contrôle », assure Emballo

Published

on

Après une journée tendue et confuse, le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a assuré, mardi 1er février, que son gouvernement contrôlait la situation, que les pays de la région et l’Union africaine ont qualifiée de tentative de coup d’Etat. Le chef de l’Etat a précisé que cette dernière avait fait « plusieurs blessés graves et des morts ».

« Les assaillants auraient pu me parler avant ces événements sanglants », a-t-il déclaré à la presse. Il n’a pas désigné clairement les auteurs du coup de force, mais l’a attribué aux « décisions [qu’il a] prises, notamment [en faveur de] la lutte contre le narcotrafic et la corruption ».

Selon différents témoignages, des hommes armés sont entrés en début d’après-midi dans le complexe du palais du gouvernement, qui abrite les différents ministères en périphérie de Bissau, la capitale, près de l’aéroport. Un conseil des ministres extraordinaire devait s’y tenir en présence du président et du premier ministre, Nuno Gomes Nabiam. Des témoignages ont présenté ces hommes comme des militaires, d’autres comme des civils.

Des tirs aux alentours du palais

Des tirs nourris ont été entendus une bonne partie de l’après-midi. Près du palais, ont été vus des habitants qui fuyaient les lieux. Des hommes lourdement armés ont encerclé le complexe, où le président et les ministres étaient présumés bloqués, sans qu’on sache s’ils étaient des mutins ou des forces loyales au pouvoir.

Kadeejah Diop, une Française de 36 ans vivant en Guinée-Bissau et jointe au téléphone par l’Agence France-Presse (AFP), a raconté être allée chercher en toute hâte ses deux enfants dans une école proche du palais du gouvernement après avoir été informée de la fermeture de toutes les écoles. Son mari, qui travaille dans une banque, a aussi reçu la consigne de rentrer chez lui. Au moment où Mme Diop passait devant le palais, elle a vu des soldats en armes y entrer. « Ils ont fait sortir le personnel féminin. C’était la grosse panique », a-t-elle encore relaté.

Ce qui s’est ensuite passé à l’intérieur du palais et l’identité des auteurs du coup de force restent incertain. Aucun bilan fiable d’éventuelles victimes n’a été communiqué. Un large cordon sécuritaire a été mis en place autour du complexe gouvernemental, tenant les journalistes et les curieux à distance.

Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a réclamé, mardi, dans un communiqué, « l’arrêt immédiat » des combats à Bissau et « le plein respect des institutions démocratiques du pays ». La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest a aussi condamné, mardi, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, ce qu’elle considère comme une « tentative de coup d’Etat » ; elle a demandé aux militaires de « retourner dans leurs casernes ». L’Union africaine a dit suivre « avec grande inquiétude la situation ».

Kyrielle de tentatives de coup d’Etat

Depuis son indépendance du Portugal, en 1974, après une longue guerre de libération, la Guinée-Bissau a connu quatre putschs (le dernier, en 2012), une kyrielle de tentatives de coup d’Etat et une valse des gouvernements.

En 2014, elle est engagée vers un retour à l’ordre constitutionnel, ce qui ne l’a pas préservée de turbulences à répétition, mais sans violence. Le pays pâtit d’une corruption endémique. Il est considéré comme une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe. Les forces armées y jouent un rôle prééminent.

Depuis le début de 2020, Umaro Sissoco Embalo, un ancien général, est le chef de l’Etat, à la suite d’une présidentielle au résultat toujours contesté par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, formation dominante depuis 1974. M. Embalo, 49 ans, avait forcé son destin en février 2020 en revêtant l’écharpe de président, malgré la persistance de la contestation.

Le monde avec AFP