Face à la dégradation écologique dramatique de la région de Siguiri, le gouvernement guinéen a réaffirmé, ce lundi soir à la télévision nationale, l’interdiction stricte de l’exploitation anarchique de l’or. Cette mesure d’urgence, accompagnée du déploiement permanent des forces armées, survient quelques jours après la suspension de 22 responsables administratifs locaux accusés de laxisme face au désastre environnemental.
Le gouvernement guinéen a réaffirmé, lundi soir, l’interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri, selon un communiqué officiel lu à la télévision nationale par le porte-parole de l’armée. Cette mesure drastique intervient quelques jours seulement après que la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a prononcé la suspension de 22 autorités administratives locales — dont le gouverneur par intérim, quatre préfets et dix-sept sous-préfets.

Pour parer à toute vacance institutionnelle et garantir la continuité du service public ainsi que le fonctionnement régulier des administrations locales, la gestion des affaires courantes a été immédiatement confiée à des remplaçants désignés conformément aux dispositions réglementaires, la responsabilité régionale incombant désormais au secrétaire général de la préfecture de Siguiri.
La décision d’interdiction s’appuie sur des missions d’inspection ayant révélé une dégradation alarmante de l’environnement, caractérisée par la destruction des sols, des terres agricoles et du couvert végétal par des exploitants utilisant des engins lourds en violation directe de la réglementation.
Pour garantir l’application stricte de cette directive, le gouvernement a ordonné le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité, assorti de contrôles renforcés sur les axes routiers, les cours d’eau et aux points d’accès majeurs de la région.
Le communiqué interdit fermement à tout citoyen d’apporter, à quelque titre que ce soit, une protection à une personne physique ou morale impliquée dans ces activités.
Les autorités ont précisé que l’orpaillage ne pourra reprendre qu’après la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire spécifiquement conçu pour préserver l’environnement.
Cette fermeté gouvernementale fait suite à une première suspension ordonnée le jeudi 29 octobre par le gouverneur de région, motivée par l’usage continu de pelles mécaniques et d’engins lourds pourtant proscrits depuis le mois de mars.
Face au non-respect répété des directives écologiques et au laxisme des responsables publics, l’exécutif avait d’ailleurs déjà suspendu une centaine de fonctionnaires territoriaux en juin dernier.
Si plusieurs mouvements de défense de l’environnement à Siguiri saluent aujourd’hui cette interruption provisoire après des années de dénonciation de la pollution des ressources en eau et de la destruction des terres cultivables, la mesure comporte un enjeu socio-économique majeur.
Selon les données des autorités et des acteurs régionaux, l’exploitation artisanale de l’or constitue la principale source de subsistance pour des centaines de milliers de personnes.
Par Mariam Bâ

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