DAKAR, Sénégal – Le député sénégalais Mbaye Dione a officiellement alerté le gouvernement, par une correspondance transmise le 13 juillet 2026, de l’existence de menaces graves planant sur les ressortissants guinéens vivant au Sénégal, alors qu’une action hostile est annoncée pour ce mercredi 15 juillet 2026. Adressée conjointement au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi qu’au ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, cette lettre officielle dénonce des « menaces graves d’expulsion et de vandalisme » de nature à déstabiliser la cohésion sociale et à compromettre les relations bilatérales de bon voisinage entre Dakar et Conakry.
Selon le document du parlementaire, cette alerte fait suite à la propagation récente de vidéos virales sur les réseaux sociaux. Dans ces séquences, un particulier sénégalais ainsi que des individus se réclamant de factions nationalistes appellent de manière ciblée à l’intimidation et à l’expulsion de Guinéens établis sur le territoire national sénégalais. Les menaces se concentrent tout particulièrement sur les commerces tenus par des ressortissants de la république voisine, singulièrement issus de la communauté peule. Les auteurs de ces messages ont fixé l’échéance du 15 juillet 2026 pour mener une action concertée visant, selon les propos rapportés dans le courrier, à « nettoyer » l’espace public de ces populations étrangères.
Face à la virulence de ces déclarations, l’élu condamne fermement ces dérives verbales qu’il qualifie d’appels haineux et rappelle les engagements juridiques internationaux qui lient les deux États. Dans sa correspondance, Mbaye Dione souligne que le Sénégal et la Guinée adhèrent aux conventions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) relatives à la libre circulation des personnes et des biens.
Le parlementaire insiste également sur le principe de légalité en précisant que « toute mesure d’éloignement d’un étranger » relève de la compétence exclusive et régalienne des institutions de l’État, devant s’exercer impérativement en conformité avec les lois nationales et les traités régionaux et internationaux signés par le pays.
Pour le député, laisser prospérer de tels actes présente des risques immédiats de troubles graves à l’ordre public, d’incitation à la violence et de représailles directes à l’encontre de la communauté sénégalaise établie à l’étranger. Il prévient que cette situation est susceptible de ternir durablement la réputation internationale du Sénégal, historiquement reconnu comme une terre d’accueil, d’ouverture et de « Téranga ».
Invoquant le devoir de vigilance, Mbaye Dione dresse un parallèle préoccupant avec les « violences xénophobes » survenues par le passé dans d’autres régions du continent, notamment en Afrique du Sud, pour justifier la nécessité d’une réponse administrative et judiciaire immédiate.
Afin de conjurer tout risque d’escalade, l’auteur de la correspondance exhorte les autorités ministérielles à déployer des mesures préventives urgentes. Mbaye Dione sollicite en premier lieu la transmission d’instructions fermes aux forces de défense et de sécurité pour garantir de manière effective la protection des biens et des personnes ciblés par ces menaces.
Il réclame en outre l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire pour identifier et appréhender les auteurs de ces intimidations, de concert avec une mobilisation accrue des services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité pour endiguer la diffusion des discours de haine en ligne. Le député suggère enfin la mise en place d’une vaste campagne publique de sensibilisation quant au respect de la légalité républicaine et des conventions sous-régionales, afin de préserver l’intégrité des liens fraternels séculaires unissant les peuples sénégalais et guinéen.
Par I.Sylla


