À un mois du double scrutin législatif et communal, le spectre du boycott plane sur la scène politique guinéenne. Réunie en conférence de presse ce mercredi 29 avril 2026 à Conakry, la Coalition politique pour la rupture (CPR), portée par le Bloc Libéral, a officiellement menacé de retirer ses candidatures prévues pour le 31 mai prochain. Ce coup de semonce intervient seulement vingt-quatre heures après que le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG), dirigé par Abdoulaye Yéro Baldé, a sauté le pas en annonçant, ce mardi 28 avril, son retrait pur et simple de la compétition.
Le diagnostic de la CPR est sans appel : elle fustige des « dysfonctionnements graves » ainsi qu’une « partialité préoccupante » de l’administration électorale. Au cœur de la colère des alliés du Bloc Libéral figure le rejet, qualifié d’« arbitraire », de plusieurs de leurs listes de candidats. Pour la coalition, ces décisions ne sont pas des erreurs administratives, mais les rouages d’une véritable « stratégie d’exclusion politique » visant à réduire le pluralisme. Ce constat fait écho à celui du FRONDEG qui, lors d’une session extraordinaire, a affirmé avoir « pris acte des violations graves et persistantes qui caractérisent le processus électoral en cours », estimant que « les conditions minimales d’un scrutin libre, transparent et équitable ne sont aujourd’hui plus réunies ».
Outre les violations du code électoral et l’opacité des procédures, la CPR pointe une « immixtion inacceptable » de l’appareil d’État, accusant certaines autorités de confondre leurs fonctions publiques avec des activités partisanes. Pour rétablir la confiance, les opposants exigent la réintégration immédiate de leurs listes et un arbitrage neutre des juridictions compétentes, tout en prenant à témoin la communauté internationale face à ces « dérives ».
L’ultimatum est désormais posé. Si le cadre légal n’est pas scrupuleusement rétabli dans les plus brefs délais, le Bloc Libéral et ses partenaires suivront le chemin tracé par Abdoulaye Yéro Baldé en quittant la course. « Si des mesures correctives urgentes et crédibles ne sont pas prises pour garantir l’intégrité du scrutin, la Coalition politique pour la rupture se réserve le droit d’en tirer toutes les conséquences, y compris l’option de se retirer du processus électoral du 31 mai 2026 », préviennent-ils, installant un climat d’incertitude majeure sur la validité de la future consultation.
Par I.Sylla


