Lundi 8 juin 2026, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné M’Bemba Guirassy, alias « Barry », un marabout guinéen de 52 ans, à une peine de deux ans de prison ferme pour « pratiques commerciales agressives ». Selon des informations révélées par le quotidien français Le Télégramme, le quinquagénaire, qui comparaissait libre, a profité du délibéré des juges pour s’enfuir du tribunal. Un mandat d’arrêt a immédiatement été décerné à son encontre par la justice française, et la police le recherche activement.
L’affaire remonte en 2021. Un chef d’entreprise bretillien, en pleine détresse sentimentale après une rupture, avait sollicité les services de ce « marabout » par correspondance dans l’espoir de faire revenir son ex-compagne.
Ce qui devait être un soutien s’est transformé en un harcèlement quotidien et destructeur. L’enquête a ainsi mis au jour plus de 1 300 messages et appels nocturnes. Pris au piège, l’entrepreneur multipliait les appels au secours, envoyant notamment à son bourreau : « Je n’en peux plus, tu me fais faire des conneries ». Des alertes dramatiques que le prévenu a cyniquement ignorées, préférant continuer à réclamer de l’argent sans jamais prévenir les secours, jusqu’à ce que la victime ne commette l’irréparable.
Pour vider les poches de sa victime, M’Bemba Guirassy ne manquait pas d’imagination, facturant des prestations ésotériques à des tarifs astronomiques. Parmi les services facturés, la justice a relevé : Des lectures de versets du Coran et la fourniture de talismans; des rituels de sorcellerie et des envois incessants de SMS et des sacrifices d’animaux en Afrique, dont un « sacrifice de crocodiles » facturé à lui seul la somme de 6 790 €.
À la barre, le prévenu, qui traîne déjà un passé judiciaire pour escroquerie et abus de faiblesse, a nié en bloc toute responsabilité dans le drame. Il a affirmé devant les juges avoir agi « dans l’intérêt » de son client.
Un système de défense balayé d’un revers de main par le tribunal et la direction de la répression des fraudes, qui ont dénoncé une manipulation lucrative et impitoyable de la vulnérabilité d’un homme à terre.
Le parquet avait initialement requis 18 mois de prison. Les juges ont choisi de se montrer plus sévères que le procureur en condamnant « Barry » à deux ans de prison ferme, assortis d’une interdiction stricte d’exercer une activité commerciale pendant une durée de cinq ans. Reste désormais aux forces de l’ordre à lui passer les menottes.
Par Mariam Bâ


