De la menace à l’exécution, il n’aura fallu que soixante-douze heures. Le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG), sous la direction d’Abdoulaye Yéro Baldé, a officialisé ce mardi 28 avril 2026 son retrait pur et simple des élections législatives et communales prévues pour le 31 mai prochain. Réuni en session extraordinaire, le bureau politique du parti affirme avoir « pris acte des violations graves et persistantes qui caractérisent le processus électoral en cours », estimant que « les conditions minimales d’un scrutin libre, transparent et équitable ne sont aujourd’hui plus réunies ».
Pour la formation d’opposition, les irrégularités constatées ne sont pas le fruit du hasard mais « traduisent un schéma cohérent visant à orienter l’issue du vote en faveur de la mouvance présidentielle et ses alliés ». Dans un réquisitoire précis, le FRONDEG fustige pêle-mêle le manque d’impartialité de l’administration, le rejet discriminatoire de ses candidatures ainsi que « les silences des organes de régulation face aux saisines et recours formulés ». Le parti dénonce également une absence totale de garanties concernant la sincérité des futures opérations de proclamation des résultats.
Ce retrait se traduit par le rappel immédiat de l’ensemble de ses candidats, mandataires et représentants sur le terrain. En se désengageant de la course, le parti de Baldé « conteste, par avance, la sincérité, la régularité et la légitimité des résultats » et décline toute responsabilité face aux secousses politiques que pourrait engendrer un scrutin maintenu dans de telles conditions.
Toutefois, l’état-major du parti se défend de toute politique de la chaise vide par dépit, martelant que « ce retrait n’est ni un renoncement, ni un abandon, mais l’expression d’une exigence démocratique ». Tout en affirmant demeurer « pleinement engagé en faveur de la démocratie, de l’État de droit et de la stabilité », le FRONDEG interpelle désormais la communauté internationale, notamment la CEDEAO et l’Union Africaine, les sommant de prendre leurs responsabilités pour faire respecter la Constitution et le Code électoral guinéen face à une crise de confiance qui semble désormais totale.
Par Mariam Bâ


