Le magistrat Algassimou Diallo, avocat général près la Cour suprême et figure centrale du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national à la suite de sanctions disciplinaires prises par le ministère de la Justice. L’information, qui suscite un vif émoi dans les milieux judiciaires et médiatiques en Guinée, a été fermement défendue le mercredi 19 août 2026 par le porte-parole de la présidence, le général Amara Camara, qui a recadré le débat en affirmant que nul n’était au-dessus de la loi.
La mesure contraignante ciblant le haut magistrat a été officiellement signifiée au directeur général de la police nationale au moyen d’une instruction transmise par le procureur général près la Cour d’appel. Dans son acte, l’autorité judiciaire exige des services de police la prise immédiate de toutes les dispositions nécessaires afin d’empêcher le départ du territoire de l’ancien procureur de Dixinn.
Le document réclame une exécution « effective, diligente et strictement conforme à son dispositif », ordonnant un contrôle rigoureux aux frontières terrestres, aériennes et maritimes, un signalement sans délai de toute tentative de franchissement ainsi que la transmission urgente d’un compte rendu d’exécution.
Si les raisons factuelles et juridiques précises justifiant cette interdiction de voyager demeurent non divulguées à ce stade, la présidence de la République est sortie du silence le 19 août 2026 pour légitimer la sanction administrative subie par le magistrat. S’exprimant publiquement sur le dossier, le général Amara Camara a inscrit cette décision dans la conduite ordinaire de l’État, rappelant que « la sanction fait partie de l’administration » et s’applique à tous les corps de métier. Soulignant que le ministre de la Justice s’est fondé sur des éléments matériels tangibles, le porte-parole présidentiel a déclaré qu’il existait « suffisamment de faits » justifiant cette mesure, invitant la presse à enquêter sur les motifs de fond plutôt que de contester le principe d’une sanction républicaine.
Cette mesure disciplinaire frappe un acteur d’envergure de l’appareil judiciaire guinéen. Avant son affectation comme avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo a exercé les fonctions de procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, position depuis laquelle il a incarné l’accusation lors des débats emblématiques du procès des exactions du 28 septembre.
Par I.Sylla


