CONAKRY — Le président du Bloc Libéral (BL), Oumar Sanoh, a réclamé ce mercredi 30 septembre 2026 l’identification formelle des six corps découverts le 24 août dernier à Forécariah, l’établissement des circonstances de leur décès et la restitution des dépouilles aux familles. S’exprimant devant la presse à Conakry en prélude aux festivités du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance nationale, le responsable politique a appelé la justice guinéenne à mener des investigations impartiales et exemptes de toute pression, emboîtant le pas aux démarches successives de la société civile, des ONG internationales et de la diplomatie panafricaine et internationale.
Accompagné de plusieurs cadres de sa formation, dont l’ancien président Faya Millimouno, le leader du Bloc Libéral a indiqué que son parti suivait cette affaire avec une vive préoccupation, rappelant le droit fondamental des familles de disparus à la vérité. « Le Bloc Libéral demande aux autorités compétentes de poursuivre les investigations, d’identifier les victimes et d’établir les circonstances de ces disparitions. Lorsque cela est possible, les dépouilles doivent être restituées aux familles, dans le respect et la transparence », a déclaré Oumar Sanoh, tout en réaffirmant la nécessité d’un strict respect de l’État de droit et d’une justice accessible à tous.
Cette prise de position politique intervient quarante-huit heures après le point de presse animé le lundi 28 septembre à Conakry par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). Le vice-président de l’organisation, Me Alexis Deswaef, avait alors formellement interpellé le gouvernement guinéen pour exiger la conduite d’enquêtes indépendantes intégrant obligatoirement des prélèvements ADN afin d’identifier les corps. L’ONG internationale avait également sollicité l’élargissement des investigations à l’ensemble des cas de disparitions signalés à travers le pays.
Ces requêtes s’inscrivent dans le prolongement de l’appel solennel lancé le 24 septembre depuis Banjul par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Invoquant l’article 4 de la Charte africaine garantissant le droit à la vie, l’organe de l’Union africaine a exprimé sa « vive préoccupation » face à des faits susceptibles de constituer de possibles « exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ». La CADHP a demandé l’ouverture sans délai d’une enquête « indépendante, impartiale, approfondie et transparente » et a exhorté les autorités à publier les résultats d’une enquête antérieure portant sur la découverte de quatre autres dépouilles dans la même préfecture en octobre 2025.
Auparavant, la diplomatie française avait elle aussi réagi en demandant que les investigations judiciaires soient conduites « en toute indépendance et en toute transparence ». En parallèle, des organisations de la société civile guinéenne, notamment le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et le mouvement Tournons la page-Guinée (TLP-Guinée), avaient publiquement formulé l’hypothèse d’exécutions ciblées sur la base de leurs signalements internes.
Pour rappel, les six corps de sexe masculin, retrouvés les yeux bandés et les mains ligotées, ont été mis au jour le 24 août 2026 par des citoyens dans une zone forestière du secteur de Sabakhouré, relevant de la sous-préfecture d’Allassonyah. Saisi des faits, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Forécariah, Mamadou Lamine Diallo, s’est rendu sur les lieux avec la brigade de recherche de Coyah pour effectuer les constatations légales.
Les autorités judiciaires de la préfecture de Forécariah ont annoncé l’ouverture d’une enquête, dont les conclusions restent attendues par les acteurs politiques, les ONG de défense des droits humains et les instances internationales.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


