Récemment transféré dans la plus grande opacité depuis la prison de Coyah, le leader du MoDeL Aliou Bah a été localisé à l’École de Gendarmerie de Sonfonia. Le ministre de la Justice, Ibrahima Sory Tounkara, y a inspecté ce mercredi le dispositif de formation civique de 45 jours destiné aux 217 détenus graciés, apportant une réponse officielle aux vives inquiétudes de son parti.
Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory Tounkara, a effectué une visite officielle ce mercredi 14 octobre 2026 auprès des 217 détenus ayant bénéficié de la grâce présidentielle du 2 octobre dernier, accordée à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République de Guinée. Parmi les bénéficiaires de cette mesure figure en première ligne le président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), Aliou Bah.

Cette visite ministérielle lève officiellement le voile sur le lieu d’accueil des graciés. Les bénéficiaires suivent un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion sociale d’une durée de 45 jours. La formation est dispensée au sein de l’École nationale des sous-officiers de la Gendarmerie nationale, à Sonfonia, conformément au décret D/2026/299/PRG/SGG et à l’arrêté conjoint n° 839/MJDH/MDN/SGG pris le 5 octobre par les ministères de la Justice et de la Défense. Le suivi est assuré sous la supervision conjointe de la Direction de la Justice Militaire et de la Direction nationale de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion.
Au cours de sa tournée d’inspection, le ministre Ibrahima Sory Tounkara s’est enquis personnellement des conditions d’accueil, d’hébergement et d’encadrement des stagiaires, marquant sa satisfaction quant à la qualité du dispositif, du réfectoire aux logements jusqu’au déroulement des modules de formation.
Cette réapparition médiatisée intervient alors que l’inquiétude était à son comble. En effet, dans un communiqué publié le 9 octobre dernier, le MoDeL s’alarmait vivement du silence des autorités après le transfèrement nocturne d’Aliou Bah de la prison civile de Coyah.
Dénonçant un manque de transparence de trois jours sans la moindre information transmise à sa famille ou à ses conseils, la direction du parti avait exigé des clarifications urgentes sur sa localisation et la garantie absolue de son intégrité physique, rappelant que « le respect de la loi et des droits fondamentaux ne saurait être à géométrie variable ».
Par I.Sylla

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