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Pour les jeunes perdus de Guinée et Côte d’Ivoire, des mois d’odyssée jusqu’aux Alpes (AFP)

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"J'essaie de reprendre mes forces", souffle Jacques, jeune migrant guinéen, les yeux rougis et un pâle sourire creusant ses pommettes émaciées de survivant. Il a derrière lui des mois d'odyssée, avec d'autres Guinéens et Ivoiriens, dont le nombre explose dans les Alpes françaises.

A 16 ans, il vient de frôler la mort en gravissant pendant deux jours le col de l'Echelle (Alpes) pour arracher son entrée en France dans des conditions dantesques. "Il y avait beaucoup de neige et à un certain moment, je ne savais plus si j'étais parmi les morts ou les vivants", raconte-t-il à l'AFP depuis le matelas où il se repose au "Refuge solidaire", centre d'accueil associatif à Briançon (est), à la frontière italienne.

Parti avec d'autres à l'assaut de ce col, Jacques s'est perdu, a dormi dans une grotte... Un périple entamé en 2017 à travers le Mali, l'Algérie, la Libye, l'Italie.

Depuis un an, la région des Hautes-Alpes connaît une augmentation exponentielle d'arrivées de jeunes de Guinée (Conakry) et de Côte d'Ivoire (pourtant première puissance économique d'Afrique de l'Ouest). Ces nationalités arrivent loin devant celles des autres migrants, très majoritairement ouest-africains.

Selon la préfecture des Hautes-Alpes, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l'Italie en 2016, contre 1.900 en 2017, en majorité des Guinéens et des Ivoiriens.

Entre juillet 2017 et février 2018, près de 3.000 migrants sont passés par le "Refuge"; parmi eux, au moins 1.185 Guinéens (dont 793 se déclarant mineurs) et 481 Ivoiriens (dont 209 se déclarant mineurs).

- Les raisons d'un départ -

Parmi les raisons de départ figurent chômage et les conditions de vie très précaires de ces jeunes, des ressources captées par les élites de ces pays, les défaillances de l'enseignement public, "inadéquat" avec le marché de l'emploi, des situations familiales inextricables (enfants nés hors mariage marginalisés, compétition au sein des familles polygames), et les pressions de familles pour envoyer un enfant débrouillard "s'aventurer" (émigrer).

"L'accès à l'emploi est extrêmement réduit en Guinée, même pour ceux qui sont diplômés (...) Pour l'essentiel, les investissements sont faits dans le secteur minier, pour la bauxite notamment", selon le sociologue guinéen Bano Barry, interrogé à Conakry.

"Personne ne vient investir parce que le pays est instable" politiquement, note-t-il, référence aux plus de 50 ans de régimes autoritaires. Nombre de Guinéens ont émigré dans les pays de la région, mais ces derniers ont désormais du mal à employer leur propre jeunesse.

Sia, Ivoirien de 35 ans, se repose au "Refuge": "Regardez le nombre de jeunes Ivoiriens qui +sortent+", lance-t-il avec colère. "Avant, quand tu voyais un Ivoirien en France, il étudiait et puis il retournait dans son pays. Aujourd'hui, ce n'est plus +bourse d'études+, c'est les zodiacs sur la mer!". "On nous dit qu'il y a plus de guerre, qu'il y a la richesse du cacao, que ça va, mais c'est pas vrai !", lance-t-il.

- Désinformation -

Mais la désinformation règne parmi ces migrants sur les énormes difficultés qui les attendent en France: le péril des reconduites à la frontière, les parcours du combattant pour obtenir les statuts de mineurs isolés ou de demandeurs d'asile, voire la vie à la rue.

Nés hors mariage et sans plus d'attaches familiales à Conakry, Cellou et Abou (prénoms modifiés) en ont fait l'expérience. Echoués en 2016 et 2017 à Briançon, ils se disent mineurs mais leur minorité n'a pas été reconnue. Ils attendent l'examen de leur recours, toujours hantés par leur voyage.

Cellou raconte qu'il a failli être vendu comme esclave en Libye, puis emprisonné et frappé à Zabrata, où il a été témoin d'exactions des "Asma boys" (gangs armés libyens) contre les migrants. Il souffre d'insomnies. "Je suis venu pour étudier et faire une formation dans la cuisine, j'aime ça trop", confie-t-il.

Depuis des mois, c'est grâce à la solidarité de Briançonnais qu'ils sont logés, nourris, formés au français. Ce soir là, pour se remettre d'un cours intense "sur les pourcentages", ils taquinent leur "Vieux" (un bénévole), pestent contre le froid et se cuisinent des spaghettis tomates-piments.

"Cette attente est difficile mais j'ai pas le choix; retourner en Guinée, ça veut dire retourner à la rue", confie Abou. "Quand il se passe des choses là-bas, le plus souvent, c'est les jeunes qu'on tue".

Une douzaine de personnes - dont plusieurs mineurs - y ont été tuées dans des violences après des élections locales en février. Le 26 février, Conakry a été transformée en "ville morte" à l'appel des enseignants, en grève depuis deux semaines.

- 'Appel d'air' -

Alors à l'heure des réseaux sociaux, nombre sont attirés par les messages de "ceux qui sont partis". Pour le sociologue Bano Barry, les arrivées de Guinéens à Briançon sont le résultat d'un "appel d'air, un mimétisme". "Les candidats au départ à Conakry savent que d'autres sont passés par là, qu'ils pourront s'appuyer sur quelqu'un qui pourra leur servir de guide".

Mais le drame, "c'est que les images de leurs difficultés en France ne sont jamais véhiculées". Et même si certains confient leur galère, les candidats au départ les accusent de ne pas vouloir partager leur "réussite"...

M.Barry cite le cas d'un de ses anciens étudiants. "Il ne le dira jamais à ses proches, pour ne pas être humilié; je l'ai revu dans la famille qui l'héberge à Paris: sa chambre, c'est un matelas dans un placard à manteaux".

Ibrahim, migrant guinéen de 22 ans, veut dire aux parents "de ne pas encourager leurs enfants à venir ici". Le destin a été cruel: il a fait une chute de 40 mètres au col de l'Echelle en août 2017, après avoir pris peur en voyant des gendarmes. Hémiplégique, le corps et la parole martyrisés, Ibrahim arpente avec un déambulateur un centre médical de Briançon. "Ce voyage, cette montagne, c'est trop dangereux".

AFP

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Guinée : Nana Akufo-Addo invite la junte respecter « son engagement »

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Le Président en exercice de la CEDEAO, le Ghanéen Nana Akufo-Addo,  s’est à nouveau exprimé sur la situation politique en Guinée, où Alpha Condé a été délogé le 5 septembre par les militaires du Groupement des forces spéciales, dont il est ironiquement le géniteur.

S'exprimant lors de la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies ce 22 septembre, Akufo-Addo a invité la junte à tenir son engagement de libérer le président déchu, Alpha Condé,  et d’organiser des nouvelle élections présidentielles dans un délai de six mois.

«La CEDEAO a donné à la Guinée six (6) mois pour la restauration de l’ordre constitutionnel et a demandé la libération immédiate du président Alpha Condé. Lors de ma visite à Conakry vendredi dernier, les chefs militaires ont manifesté leur volonté de procéder à sa libération imminente. Nous espérons qu'ils tiendront leur parole», a-t-il indiqué. « Plus que jamais, nous devons défendre la démocratie et les droits de l'homme dans le monde », a-t-il ajouté.

Il faut rappeler que quelques heures après, la visite des chefs d’Etat de la Cédeao à Conakry, les nouvelles autorités guinéennes avaient démenti des remueurs sur une éventuelle sortie d’Alpha Condé hors du territoire guinéen. « Il est et demeurera en Guinée », avait martelé la junte, indiquant que l’ancien chef d’Etat bénéficiera d’un traitement humain digne de son rang dans le pays.

Par Ibrahim Bangoura

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António Guterres : « nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force »

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Un peu plus de deux semaines après la chute d’Alpha Condé, déposé par l’armée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a regretté la recrudescence des coups d’Etat dans le monde.

« Nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force. Les coups d’État militaires reprennent. Et la désunion de la communauté internationale n’aide pas », a-t-il ajouté. « Un sentiment d’impunité s’installe », regrette-t-il  mardi à l’ouverture du débat général de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations Unies au siège de l’Organisation à New York.

Selon le Secrétaire général, pour redonner confiance et raviver l’espoir, le monde a besoin de coopération et de dialogue.

« Nous devons investir dans la prévention des conflits et le maintien et la consolidation de la paix. Nous devons faire avancer le désarmement nucléaire et l’action que nous menons ensemble contre le terrorisme. Nous devons agir dans le profond respect des droits humains. Et nous devons nous munir d’un nouvel Agenda pour la paix », a-t-il ajouté.

Par Guinee28

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Guinée : quand Alpha Condé chute avec la Covid-19

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Depuis la chute d’Alpha Condé, déposé par l’armée le 05 septembre, curieusement, le nombre de cas et de décès de la Covid-19 continuent aussi de chuter en Guinée, au point que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) envisage de diminuer les centres de traitements de la maladie à Conakry dès le 01 octobre.  

« Au regard de l’évolution de la pandémie de Covid-19  avec la diminution des cas et décès, l’Agence nationale de sécurité sanitaire ( ANSS) tient à informer tous les administrateurs des différents CT-EPI du Covid-19, et l’ensemble du personnel de la riposte, qu’elle procèdera à compter du 01 octobre 2021, à une réductions des effectifs voire la fermeture de certains centres de traitements à Conakry », annonce l’ANSS dans une  note de service signée par son  Directeur général adjoint, Dr. Bouna Yattassaye.

Curieusement, cette réduction annoncée des centres de traitements de la Covid-19,  intervient un peu plus deux semaines seulement après le renversement d’Alpha Condé. Sa chute serait-elle une coïncidence avec celle de cas de la pandémie en Guinée ?

Ci-dessous la note de service

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