Quelques heures à peine après l’annonce du décès de Souleymane Diallo, le fondateur du mythique groupe de presse Lynx-Lance survenu ce lundi 1er juin 2026 au Canada, les hommages de la classe politique et du monde des médias se multiplient. Parmi les premières réactions majeures, celle de Cellou Dalein Diallo. L’opposant en exil n’a pas tardé à exprimer sa « profonde tristesse » face à la perte de celui qu’il qualifie de bâtisseur d’une véritable institution nationale.
Le pari fou de 1992
Pour l’ancien Premier ministre, l’histoire retiendra d’abord la méthode et le courage de l’homme. En 1992, alors que le paysage médiatique guinéen est totalement verrouillé par le pouvoir, Souleymane Diallo rentre d’exil et bouscule les codes. « Avec Le Lynx, il a fait le pari qu’une parole libre pouvait exister et trouver son public en Guinée », rappelle le leader de l’opposition.
Comment y est-il parvenu ? En inventant un style. Un cocktail inédit mêlant humour, ironie et satire féroce pour chroniquer les dérives autoritaires du pays. C’est cette constance et ce refus de céder à la peur qui ont transformé son canard en un bastion de la résistance démocratique.
Mais si cet hommage résonne si fort aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il s’inscrit dans un contexte national dramatique pour la liberté d’informer. Cellou Dalein Diallo ne s’est d’ailleurs pas privé de dresser un parallèle cinglant avec l’actualité politique de la Guinée en 2026 : « Aujourd’hui, dans un contexte marqué par la censure, la fermeture des médias indépendants et le recul inquiétant des libertés, son combat résonne avec une force particulière. »
Le pionnier s’en va au moment précis où ses successeurs ont le plus besoin de sa boussole. Souleymane Diallo laisse derrière lui « un héritage immense : celui d’un journalisme libre, courageux et sans concession. » La plume s’est éteinte à des milliers de kilomètres de sa terre natale, mais l’esprit du Lynx, lui, n’a jamais été aussi indispensable.
Par Guinee28


