La Société Électricité de Guinée (EDG S.A) a déposé une plainte et signifié une citation directe à comparaître à l’encontre du maire de la commune de Ratoma, Kabiné Diawara. Cette action en justice, officialisée le jeudi 3 septembre 2026 devant le Tribunal de Première Instance de Dixinn, ordonne au premier magistrat de la commune de se présenter à une audience correctionnelle le 15 septembre 2026 à 9h. Cette escalade judiciaire est la conséquence directe de la fermeture de l’agence EDG de Taouyah par les forces de l’ordre, agissant sur réquisition de la mairie, en représailles à une coupure d’électricité dans les locaux municipaux.
Selon Yaovi Afadoda, Directeur des Affaires Juridiques et du Contentieux d’EDG, cette procédure vise à répondre à des « actes illégaux qui choquent la conscience républicaine, planifiés, préparés et exécutés par le Maire ». Le responsable juridique, qui évoque des bavures commises lors de l’intervention policière, assure détenir les preuves matérielles nécessaires pour que la loi pénale soit appliquée au maire dans toute sa sévérité.
La version du maire
Le maire de Ratoma, Kabiné Diawara, justifie de son côté la fermeture de l’agence par un « acte de sabotage » et dénonce une manipulation autour d’une facture d’électricité contestée. Alors qu’EDG réclame un montant de 600 millions de francs guinéens, le maire soutient que la consommation récente de la commune s’élève à 11 millions GNF (dont 5 millions ont été payés) et que les 359 millions GNF d’arriérés antérieurs à son mandat appartiennent à d’autres entités comme la police ou la Maison des jeunes. Il explique avoir ordonné la fermeture de l’agence après trois jours de paralysie des services municipaux et suite aux promesses non tenues de rétablissement du courant par le directeur technique d’EDG.
Kabiné Diawara précise enfin que le conflit avait initialement trouvé une issue à l’amiable. Suite à une rencontre avec une délégation de la Direction Générale d’EDG le vendredi suivant l’incident, un moratoire d’un mois avait été accordé à la mairie pour régulariser son compteur, entraînant la réouverture de l’agence.
Le maire dément aussi toutes les accusations de violences physiques portées contre les forces de l’ordre lors de la fermeture, s’appuyant sur l’avis d’un médecin local pour réfuter spécifiquement le cas d’une employée qui se déclarait enceinte et brutalisée.
Par Mariam Bâ


