Face au tollé suscité par l’éloignement de l’ancien avocat général à plus de 700 kilomètres de Conakry, la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire (DNAPR) a répliqué ce dimanche. Invoquant une vaste opération de désengorgement carcéral, les autorités ont diffusé des images du prévenu pour rassurer sur son état et promettent qu’il sera bien présenté à son audience prévue ce mardi 8 septembre.
Une « preuve de vie » diffusée à la télévision nationale
La réponse de l’État aux exigences de la défense ne s’est pas fait attendre. Somées par les avocats d’Algassimou Diallo de prouver que l’ex-magistrat se trouvait bien à Macenta, les autorités ont opté pour une communication visuelle. Dimanche soir, le journal télévisé de la RTG (télévision nationale) a diffusé une courte vidéo, filmée à l’aide d’un téléphone portable.
Sur ces images, largement relayées par la presse en ligne, l’ancien procureur de Dixinn apparaît debout, vêtu de l’uniforme rouge caractéristique des détenus, dans une cellule présentée comme étant celle de la maison d’arrêt de Macenta. Une façon pour le ministère de la Justice de clore le débat sur la « disparition » supposée du prévenu, transféré en pleine nuit, aux alentours de 2 heures du matin, entre le vendredi 4 et le samedi 5 septembre 2026.
Le désengorgement carcéral en toile de fond
Au-delà des images, la direction pilotée par Mamadou Gando Bah a tenu à justifier ce transfèrement qui éloigne drastiquement le prévenu de son lieu de résidence et de ses proches. L’institution inscrit cette décision dans le cadre d’une vaste politique de désengorgement de la Maison Centrale de Conakry.
Selon les autorités pénitentiaires, près de 1 600 détenus ont récemment été répartis à travers plusieurs maisons d’arrêt du pays, incluant Coyah, Forécariah, Labé, Siguiri, Kankan, Nzérékoré et Macenta.
Dans le cas spécifique de l’ex-magistrat, radié en août et poursuivi notamment pour « provocation à la haine » et « association de malfaiteurs », l’administration affirme que ce choix est guidé par le souci de sa dignité. « Nous avons jugé utile de transférer Monsieur Algassimou Diallo à la maison d’arrêt de Macenta pour lui offrir des conditions de détention les mieux acceptables », précise la DNAPR.
Le calendrier judiciaire sera respecté, promet l’État
Cette justification est loin de convaincre le collectif des avocats de la défense. Plus tôt dans la journée, les conseils avaient exigé le retour immédiat de leur client, rappelant qu’un inculpé placé sous mandat de dépôt relève strictement de l’autorité judiciaire, et non de mesures administratives.
Consciente de l’enjeu procédural – la Cour suprême devant statuer sur ce dossier dès le mardi 8 septembre – l’Administration pénitentiaire s’est voulue catégorique sur le respect du droit à la défense.
« Nous rassurons l’opinion publique nationale et internationale que l’administration pénitentiaire n’a pas qualité d’entraver l’évolution d’une procédure judiciaire », a déclaré la Direction, promettant d’assurer la logistique complexe qu’impose ce nouvel éloignement. « Au moment venu, lorsque son dossier sera au rôle, l’ordre d’extraction sera mis à notre disposition et nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour qu’il soit présenté devant le juge. »
Reste à observer comment l’administration pénitentiaire relèvera ce défi logistique et sécuritaire pour honorer son engagement, à quelques heures de l’ouverture de l’audience à Conakry.
Par Guinee28


