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Consultations nationales : voici le discours intégral du premier ministre

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Mes chers concitoyens,

Ma présente communication, fait suite à l'importante adresse à la Nation du 4 Septembre dernier de SEM le Président de la République, le Pr Alpha Condé.

Comme vous le savez, à cette occasion, M. le Président de la République a donné instruction au gouvernement que je dirige d'accompagner et soutenir la Commission Electorale Nationale Indépendante -CENI- et les acteurs électoraux dans la préparation et l'organisation des scrutins électoraux attendus dans notre pays. Monsieur le Président a mis l'accent sur la tenue des élections législatives pendant cette année.

Il a instruit aussi de larges consultations avec les acteurs socio-politiques de la Nation, en vue de recueillir les avis des uns et des autres sur les différentes questions de préoccupations nationales.

Chers concitoyens,

Le rôle qui me revient dans cette démarche est ainsi d'écouter chacun et tous et d'en rendre compte fidèlement, afin de permettre à M. le Président de la République dans sa sagesse habituelle et sa clairvoyance politique d'en tirer les conséquences requises.

Je tiens à préciser, que ma mission n'est pas d'engager des négociations ou de conduire un dialogue à proprement parler, mais d'être une interface entre les acteurs de la vie nationale et le Chef de l'Etat pour appréhender les grandes tendances de l'opinion publique et avoir ainsi une bonne lecture des différentes attentes.

Mes chers concitoyens,

En m'assignant la mission d'engager ces consultations, M. le Président de la République voudrait que chacun se fasse entendre et que nul ne soit exclu du processus de la prise de décisions.

Pour M. le Président, comme pour tout démocrate, toute décision qui engage la vie de la Nation et détermine son avenir doit nécessairement tenir compte de la volonté et des aspirations du peuple dans toute sa diversité.

Je tiens à rassurer les uns et les autres que j'aborde ces consultations, en étant conscient des enjeux qui y sont liés et de mes responsabilités.

Je tiens également à rassurer tous les interlocuteurs que dans les consultations que nous sommes sur le point d'ouvrir, l'orientation claire qui m'a été expressément donnée par le chef de l'État est d'écouter avec patience et respect tous les acteurs.

La conviction du professeur Alpha Condé, de même que la mienne propre est, qu'en démocratie et dans un Etat de droit, chaque citoyen a droit à la parole. Et c'est un devoir sacré de nous les gouvernants d'en tenir compte.

En effet, dans le débat politique, comme c'est la règle dans tout régime démocratique et comme nous l'exige aussi la liberté d'expression, il ne saurait y avoir de sujets tabous et des citoyens interdits de parole. Oui, chaque guinéen a le droit et la liberté de dire ce qu'il veut ou ne veut pas pour le pays.

Mes chers concitoyens,

Vous aurez compris que pour ces consultations avec les différentes composantes de la Nation, je n'ai pas de préjugés. Je n'ai pas de certitudes. Je n'ai ni des positions figées ni des positions personnelles à faire valoir.

Non, mon but ne sera pas d'imposer des choix, ou de négocier ou annoncer des décisions déjà arrêtées. Mon but ne sera pas non plus de partager des positions ou des convictions personnelles, d'orienter ou influencer les opinions ou les prises de position des différents acteurs à consulter.

Mes chers compatriotes,

Au nom de M. le Président de la République, de son gouvernement que j'ai la responsabilité de diriger, et dans l'intérêt supérieur de notre peuple que nous sommes tous engagés à aimer et servir, défendre et protéger, j'appelle solennellement tous les acteurs invités aux consultations à saisir l'occasion qui leur est ainsi offerte de partager leurs avis et positions sur toutes les questions d'intérêt national.

Chacun des invités recevra, dans les heures à venir, sa lettre d'invitation.

Mesdames et Messieurs les acteurs concernés par les consultations que je me prépare à conduire, je réitère l'appel du Chef de l'Etat, à l'invitation que j'ai l'honneur de vous adresser. Car, il s'agit de parler de la Guinée, notre Guinée et de son devenir. Personne, parmi nous, ne doit se dérober à cette responsabilité civique exaltante.

Nous devons cela à notre pays. C'est pendant les heures difficiles qu'on reconnait les grands hommes, et l'histoire a montré sous tous les cieux, notamment en Afrique, que refuser le dialogue, c'est se détourner du peuple et de ses préoccupations fondamentales et l'exposer à tous les risques et à tous les dangers aux conséquences souvent fâcheuses.

Mes chers concitoyens,

Comme l'a rappelé le Président de la République, pour nous mettre, chacun devant ses responsabilités, et nous toucher au plus profond de notre âme de patriote, la Guinée est à un tournant de son histoire.

Une histoire, comme vous le savez, qui, par moments, nous offre des motifs légitimes de fierté. C'est le cas pour notre rôle de pionnier dans les indépendances africaines. Une histoire difficile aussi qui nous interpelle parfois, à cause de tous les manquements à nos devoirs et à nos responsabilités dans les épreuves nombreuses et souvent douloureuses subies par notre peuple.

En tout état de cause, nous devons tirer de toutes les péripéties de la vie de notre Nation qui n'a pas toujours été "un long fleuve tranquille”, toutes les leçons, toute la force, toute l'inspiration et toute la sagesse pour continuer de bâtir dans la paix, la sérénité, la responsabilité, et la concorde nationale, un avenir de partage et de générosité.

Mes chers concitoyens, à travers les consultations souhaitées par le Chef de l'État, nous avons l'opportunité de nous écouter et de nous parler dans un cadre approprié et formel, ainsi que dans un climat de sérénité, dans le respect des principes sacro-saints de la République et des valeurs cardinales de la démocratie.

Mes chers compatriotes,

Le monde a changé, la démocratie évolue. Partout, on assiste à un conflit entre les droits reconnus à chacun et tous et les devoirs qui vont avec: le commun vouloir vivre ensemble, la stabilité et la sécurité de nos États et la paix pour nos populations.

Mes chers concitoyens,

Le monde nous regarde, chacun d'entre nous fait face à sa conscience, à ses responsabilités, chacun d'entre nous est devant le jugement de l'histoire.

Pour dépasser nos contradictions et renforcer la confiance entre nous guinéens appelés à vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire, il n'y a pas d'alternative au dialogue qui, comme aimait à le souligner, un grand homme africain, est l'arme des forts, j'ajouterai, la marque des grandes nations.

Que Dieu bénisse la Guinée et les guinéens,

Vive la République,

Je vous remercie.

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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TPI de Dixinn : les audiences ajournées à cause d’une panne du véhicule de transport des détenus

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Depuis trois jours, aucune audience ne s’est tenue au tribunal de première instance de Dixinn, en raison d’une panne du véhicule de la maison centrale chargé de transporter les détenus.   

« Toutes les audiences sont reportées », a annoncé ce jeudi à la presse le procureur Daouda Diomandé, expliquant que le véhicule de la maison centrale qui doit transporter les détenus est tombé en panne.

Poursuivant, il a précisé qu’à cause de ce problème, il n’y a pas eu d’audience depuis avant-hier mardi.

Par Mariam Bâ

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Kaloum : la circulation de moto-taxi interdite dès ce jeudi

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A partir de ce jeudi 06 mai, aucune circulation de moto-taxi n’est autorisée dans la commune de Kaloum. La décision a été prise ce mercredi par la direction générale de la police nationale.

« Dès ce jeudi 6 mai aucune circulation de moto-taxi n’est autorisée dans la commune de Kaloum », a annoncé à la presse le directeur adjoint de la communication du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, le Lieutenant-Colonel Mory Kaba.

Lisez son communiqué :

« La direction générale de la police nationale a constaté avec regret la circulation et la prolifération intempestive des motos-taxis et tricycles dans la commune de Kaloum.

Cet état de fait contraire aux dispositions de l’arrêté du ministère des Transports en date du 29 août 2016, portant réglementation du transport par moto-taxi en République de Guinée, ne saurait être respecté pour quelques raisons que ce soit.

Par ailleurs, la direction générale de la police nationale invite les conducteurs de moto-taxis en général au respect des dispositions des articles 5, 7 et 13 dudit arrêté relatif à : l’immatriculation des motos taxis en fond noir et écriture blanche, la délivrance de la carte d’autorisation de transport pour tout conducteur de moto-taxi, la détention obligatoire d’un permis de conduire de la catégorie A1 ou A par tout conducteur de moto-taxi âgé d’au moins 18 ans.

A cet effet, la direction générale de la police nationale invite les conducteurs de moto et tout autre acteur impliqué dans la gestion de moto-taxis et tricycles au respect strict des présentes dispositions dont l’application ne souffrira désormais d’aucune entrave. Les contrevenants verront leurs motos confisquées et gardées en fourrière jusqu’à nouvel ordre.

En conséquence, elle instruit la direction centrale de la police routière à l’application correcte sans aucune défaillance des présentes instructions dans le respect des droits et dignité humaine. Dès ce jeudi 6 mai aucune circulation de moto-taxi n’est autorisée dans la commune de Kaloum ».

Guinee28

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« Les survivants, ce sont les chanceux » : un migrant Guinéen raconte le calvaire de la traversée du désert en Algérie

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 « Ceux qui meurent, ce sont ceux qui n'ont pas la chance, les survivants, ce sont les chanceux. » À l'âge de 15 ans, Aboubacar, désormais réfugié en France, a fui la Guinée. Dans son exil, il a dû traverser le désert algérien pour rejoindre la Libye. Une traversée interminable dont il sera l'un des seuls survivants.  Il raconte à InfoMigrants l'une des étapes les plus difficiles de son exil. Témoignage.(Photo d'archive)

"J'avais entendu tellement d'histoires de personnes qui se faisaient arnaquer et abandonner par les passeurs en voulant traverser le désert jusqu'en Libye que je ne faisais confiance à personne. J'ai dit à un passeur : 'Tu m'emmènes en Libye, je te paye après, je ne te paye pas avant parce que je sais que beaucoup de gens n'arrivent pas à destination'. Il a accepté. Je suis donc parti d'Algérie pour rejoindre la Libye à travers le désert en octobre 2015.

"Au lieu d'une journée, on est resté deux semaines dans ce désert"

On était environ 90 personnes à partir, réparties dans cinq ou six véhicules. Les passeurs nous avaient dit : 'Pour arriver à la frontière avec la Libye, c'est une journée de traversée. On va arriver ce soir ou demain matin au plus tard'. On nous avait simplement dit de prendre beaucoup d'eau. On avait des biscuits aussi. Mais au lieu d'une journée, on est resté deux semaines dans ce désert. Les passeurs ne disent pas la vérité. De toute façon, il n'y a pas de vérité sur ce chemin.

La journée, on roulait. Et quand la nuit tombait, ils [les passeurs, ndlr] nous cachaient et partaient. Ils revenaient nous chercher le lendemain à 6h du matin. Ça a duré comme ça pendant deux semaines. Sur les 90 personnes, on était environ 60 à ne pas avoir payé d'avance. C'est pour ça qu'ils revenaient nous chercher. S'ils avaient déjà eu leur argent, ils nous auraient abandonnés.

On ne sait pas combien de kilomètres on a fait, des milliers, c'est sûr. Je pense que les passeurs eux non plus ne savent pas, ils ne connaissent pas les distances.

"La nuit, quand on avait trop froid, on brûlait les habits des uns et des autres"

Au bout de deux semaines, un matin, ils ne sont pas venus nous chercher. Peu avant, on leur avait payé la moitié de la traversée c'est-à-dire 6 000 dinars [un peu moins de 40 euros, ndlr]. On s'est alors dispersés car certains voulaient continuer, d'autres non. Moi je voulais continuer à pied. On nous a dit : 'Il ne faut jamais marcher à plus de 15 personnes, pour ne pas se faire repérer', donc on est partis à 15.

On a marché pendant cinq jours : on marchait le matin jusqu'à 11h puis on se reposait. On a croisé un petit village où on a pu prendre de l'eau et on a continué. Je n'avais qu'un petit sac dans lequel je pouvais transporter deux bouteilles d'eau. On n'avait rien à manger. Dans le désert, il fait hyper chaud la journée et hyper froid la nuit. Quand on avait trop froid, on brûlait les habits des uns et des autres pour se réchauffer. J'ai brûlé une veste et un pantalon à moi.

"Dans le désert, quand tu tombes, on te laisse"

Puis les gens ont commencé à tomber. Je ne peux pas dire pour quelle raison : la famine, la fatigue, la fièvre… Dans le désert, quand tu tombes, on te laisse. Parfois, le matin, certains nous disaient qu'ils n'arrivaient plus à se lever, ils nous disaient de continuer le chemin sans eux. Et tu ne peux rien faire pour les aider. Je savais que si ça m'arrivait à moi aussi, ils allaient me laisser. C'est triste de voir quelqu'un tomber comme ça, sans aucune aide. Je fais des cauchemars par rapport à ça.

Je ne sais pas qui ils étaient, ceux qui sont morts. Ils avaient environ 18 / 19 ans, d'autres avaient 20 ans. Ils étaient Guinéens, Ivoiriens, d'un peu partout, mais je ne sais rien sur eux car on ne se parlait pas trop. Dans le désert, il ne faut pas perdre de l'énergie, il ne faut pas trop parler. Et puis il n'y a pas d'humanité dans le désert.

Le dernier jour, on était plus que deux survivants sur 15. Je ne discutais pas avec l'autre homme, on était trop épuisés et inquiets. On cherchait une ville où on pouvait s'arrêter pour avoir au moins quelque chose à manger. Des passeurs nous ont finalement arrêtés en Libye, ils nous ont frappés avant de nous envoyer en prison mais, au moins, on a eu un petit bout de pain et de l'eau.

Je ne sais pas pourquoi moi j'ai survécu alors que 13 autres sont morts. Ceux qui meurent, ce sont ceux qui n'ont pas la chance, les survivants, ce sont les chanceux, c'est tout."

Après une succession de "galères", et deux années en Allemagne en tant que mineur, Aboubacar,  aujourd’hui âgé de 20 ans, vit à Marseille où il fait un CAP d'électricien. Il ne pense désormais qu'à s'intégrer en France et à fonder son entreprise. Sur son temps libre, il est vice-président d'une association qui vient en aide aux demandeurs d'asile. Une vie simple et tournée vers les autres, aux antipodes de ce qu'il a connu ces cinq dernières années.

 

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