Depuis ce lundi matin 7 septembre 2026, les chauffeurs de taxis et de véhicules de transport opérant sur les axes reliant Labé au Sénégal et à la Gambie, ainsi qu’entre Mamou et Conakry, ont déclenché une grève générale paralysant le trafic routier pour protester contre la multiplication des barrages et les tracasseries policières et douanières.
Selon les déclarations d’un chauffeur de Labé rapportées par le média Guineematin, les grévistes dénoncent un système de racket systématique orchestré par les forces de l’ordre aux très nombreux postes de contrôle, qui s’élèvent jusqu’à quinze sur certaines routes inter-États et une dizaine sur le tronçon Mamou-Conakry. Les conducteurs affirment devoir payer à chaque passage, même en étant en règle, citant des frais de stationnement frontalier allant de 25 000 FCFA à Bassai à 30 000 FCFA à Banjul, ainsi que des prélèvements douaniers arbitraires de 100 000 à 400 000 francs guinéens (GNF) sur les bagages des passagers.
Pour se faire entendre, les chauffeurs originaires de Labé, Conakry, Mamou, Kindia, Télimélé, Boké, Pita et Timbi-Madina ont cessé toute activité et immobilisé leurs véhicules. Cette paralysie de la circulation a un impact direct sur les usagers, de nombreux passagers se retrouvant bloqués dans les gares routières ou ayant été refoulés en cours de route, notamment à Bhoudou Fourdo.
Une rencontre a été organisée ce même lundi à Koundara pour tenter de dénouer la crise entre les acteurs du transport routier et les représentants de la douane, de la police et de la gendarmerie. D’après les informations recueillies auprès des grévistes par Guineematin, ces pourparlers n’ont abouti à aucune solution concrète, poussant les syndicats à maintenir le mot d’ordre de grève jusqu’à nouvel ordre.
Ce mouvement social met en exergue une problématique de fond qui dépasse les axes interurbains. À Conakry, les usagers de la route, qu’il s’agisse d’automobilistes ou de conducteurs de motos, dénoncent une situation similaire marquée par des extorsions fréquentes aux carrefours de la capitale, un phénomène face auquel les autorités gouvernementales n’ont pour l’heure apporté aucune réaction officielle.
Par Mariam Bâ


