Les tribunaux guinéens ont déclenché une vaste offensive judiciaire début juillet 2026, prononçant une série de condamnations à l’encontre de candidats, d’enseignants et de surveillants impliqués dans des réseaux de triche lors des examens nationaux. De Conakry à Nzérékoré, en passant par Kindia et Forécariah, les autorités éducatives et judiciaires multiplient les contrôles et les comparutions avec pour objectif affiché de « préserver la crédibilité de ces évaluations et du système éducatif guinéen ». Cette fermeté institutionnelle se traduit par des sanctions allant de peines de prison ferme à de lourdes amendes financières.
Ce déploiement national trouve son illustration la plus complexe à Forécariah, où le tribunal a rendu son verdict le jeudi 9 juillet dans une affaire de fraude en bande organisée. La juridiction a mis en lumière un système structuré autour de groupes WhatsApp créés pour faciliter des actes de corruption auprès des responsables d’établissements et la « substitution de candidats et de surveillants ». Sur treize personnes poursuivies, sept enseignants et administrateurs numériques ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 12 mois de prison, majoritairement assorties de sursis, et au paiement d’amendes atteignant parfois trois millions de francs guinéens. À l’inverse, estimant que les faits « ne sont pas suffisamment établis », les magistrats ont ordonné la relaxe de six autres enseignants, faute de preuves suffisantes pour justifier une condamnation.
À Kindia, le 7 juillet, le tribunal de première instance a condamné sept candidats, dont trois jeunes filles, à un mois d’emprisonnement ferme après avoir été jugés en flagrant délit.
Le tribunal de Mafanco, à Conakry, a pour sa part infligé un an de prison avec sursis et 300 000 francs guinéens d’amende à deux candidats.
Des peines équivalentes ont été rendues par la juridiction de Nzérékoré, où deux fraudeurs ont écopé de quatre mois avec sursis et d’une amende de 500 000 francs guinéens.
Par I.Sylla


