La Fédération Guinéenne de Football (FGF) se retrouve dépourvue de son Comité exécutif ( Comex) depuis le jeudi 9 juillet 2026, date à laquelle une démission a entraîné la chute de ses effectifs sous le seuil légal, provoquant la dissolution automatique de l’instance. Face à cette crise institutionnelle majeure, le ministère de la Jeunesse et des Sports a pris acte de la situation le samedi 11 juillet par voie de communiqué officiel, annonçant son intention de prendre les dispositions nécessaires, en concertation avec la FIFA et la CAF, pour préserver les acquis et assurer la continuité du football national.
Cet effondrement statutaire a été directement déclenché par la démission de Mamadou Alpha Hann, membre du Comité exécutif. Son départ a réduit le nombre de dirigeants à six sur treize, faisant passer le comité sous la barre critique des 50 %. Dans sa lettre de démission, Mamadou Alpha Hann a justifié son retrait par l’impossibilité d’exercer son mandat avec efficacité, dénonçant une « crise de gouvernance qui a profondément altéré la stabilité institutionnelle de la Fédération, affaibli la capacité décisionnelle du Comité exécutif et érodé la confiance entre les organes de gouvernance et les membres statutaires ».
Conformément à l’article 36, alinéa 9 des statuts de la fédération, cette vacance transfère immédiatement le pouvoir exécutif au Secrétaire général de la FGF, Ibrahima Blasco Barry. Ce dernier est désormais chargé de gérer les affaires courantes et de convoquer une Assemblée Générale extraordinaire dans les délais statutaires. Dans un communiqué transmis aux instances internationales, le Secrétaire général a assuré que la situation « sera gérée dans le strict respect de ses Statuts, des règlements de la FIFA et de la CAF, ainsi que des principes de bonne gouvernance qui encadrent son fonctionnement ».
Le gouvernement guinéen a vivement déploré cette rechute qui intervient au moment où la discipline semblait se stabiliser. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a souligné que cette impasse compromet les récents investissements politiques, diplomatiques et financiers de l’État, initialement déployés pour maintenir le dialogue avec la FIFA et la CAF, éviter des sanctions internationales et garantir la participation des équipes nationales aux compétitions. Fixant les limites de son intervention, le département ministériel a fermement rappelé que si l’indépendance du mouvement sportif reste acquise, « cette autonomie ne saurait toutefois être dissociée de l’impératif de bonne gouvernance, de stabilité institutionnelle et de préservation de l’intérêt général du sport ».
Cette nouvelle paralysie institutionnelle vient clore une séquence de fortes turbulences internes au sein de la FGF. Elle s’inscrit dans le sillage immédiat de la récente révocation du président élu, Bouba Sampil, et de l’intérim infructueux confié à Sory Doumbouya, le vice-président le plus âgé. Les divisions internes s’étaient déjà matérialisées lors de la dernière Assemblée générale, paralysée par le rejet massif de l’ordre du jour par les délégués sur fond de pressions exigeant l’abandon d’une plainte contre Blaise Camara, président du Kaloum FC.
Par Mariam Bâ


