Le Tribunal pour enfants de Conakry a rendu son verdict mercredi 10 juin 2026, après l’interpellation de plusieurs mineurs dans la rue tard la nuit. Si deux pères ont été relaxés, trois autres parents écopent de trois mois de prison avec sursis.
Tout a commencé la nuit du vendredi 22 mai 2026 à Conakry. Au cours d’une patrouille nocturne mixte, organisée sous la direction du procureur spécial près le Tribunal pour enfants, plusieurs mineurs ont été interpellés dans des conditions jugées inappropriées à leur sécurité.
L’abandon d’enfants dans la rue à des heures indues. Suite à ces interpellations, les parents des mineurs ont été entendus sur procès-verbal, puis placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry avant d’être présentés au juge.
Lors de l’audience, chaque parent a tenté d’expliquer pourquoi son enfant se trouvait dehors à une heure aussi tardive. Les versions divergent, oscillant entre l’aide familiale, l’accident ou la simple maladresse.
Face à ces explications, le procureur a estimé que le délit était constitué pour la majorité des prévenus. Il a requis la relaxe pour le journaliste Ibrahima Sory Camara, mais a demandé une peine de trois mois de prison avec sursis et une amende de 2 millions de francs guinéens (GNF) contre Ousmane Bangoura, M’Mahawa Sylla, Sarah Mansaré et Étienne Loua.
La défense, portée par Me Mohamed Sidiki Bérété et Me Michel Labila Sonomou, a plaidé non coupable, exigeant la relaxe pure et simple de leurs clients. À leur suite, les prévenus ont imploré la clémence de la cour.
Dans son verdict, le tribunal a prononcé la relaxe totale pour délit non constitué en faveur d’Ibrahima Sory Camara et d’Étienne Loua. Par contre Ousmane Bangoura, Sarah Mansaré et M’Mahawa Sylla, ont été reconnus coupables des faits d’abandon. Ils écopent chacun de trois mois de prison avec sursis et d’une amende de 500 000 francs guinéens.
Par I.Sylla


