Le président Mamadi Doumbouya a procédé ce lundi 27 juillet 2026 à Conakry à un remaniement partiel de son gouvernement afin d’enrayer une crise sociopolitique majeure, selon les décrets officiels publiés par la présidence. Ce réaménagement de l’équipe toujours dirigée par le Premier ministre Amadou Oury Bah cible plusieurs ministères clés pour répondre à une actualité brûlante.
Le changement le plus retentissant est la mutation d’Alpha Bacar Barry. Il quitte le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle pour prendre la tête du ministère de l’Élevage.
Cette décision intervient en réaction directe à la crise déclenchée par la mort en détention, la semaine dernière, de Mamadou Djouma Bah, un candidat au baccalauréat incarcéré pour fraude à l’examen.
Face à l’indignation populaire suscitée par ce drame, la Cour d’appel de Conakry a ordonné, plus tôt dans la journée de ce lundi, la libération immédiate des autres élèves condamnés en première instance à Kindia. C’est la diplomate Bintou Keita, jusqu’ici représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Congo, qui est appelée pour diriger le département de l’Éducation nationale et apaiser le secteur.
Le remaniement opère également un redécoupage institutionnel : le ministère de la Jeunesse et des Sports est officiellement scindé. Cellou Baldé, qui cumulait les deux portefeuilles, garde exclusivement le ministère des Sports, tandis que la Jeunesse est désormais gérée par Lansana Béa Diallo. Du côté de l’administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé cède son fauteuil pour devenir ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale. Il est remplacé par Djenabou Touré, ancienne directrice générale des élections. Ce réaménagement acte par ailleurs les évictions de Diaka Sidibé et de Patricia Lamah. La première est remplacée par Djami Diallo à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique, et la seconde cède le ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité à Aminata Kaba. En outre, Aboubacar Kourouma, précédemment Secrétaire général de la Fonction publique, intègre l’exécutif en tant que ministre de l’Industrie et du Commerce.
Le reste de la composition gouvernementale s’articule autour des personnalités suivantes pour piloter les autres départements de l’État : Ibrahima Sory 2 Tounkara est à la tête de la Justice et des Droits de l’Homme, Ahmed Mohamed Oury Diallo gère la Sécurité et la Protection civile, et Morissanda Kouyaté dirige les Affaires étrangères. Les finances publiques et la planification sont sous la responsabilité de Mariama Ciré Sylla (Économie, Finances et Budget) et d’Ismaël Nabé (Plan).
On retrouve également Mory Condé (Travail), Faya François Bourouno (Modernisation de l’administration), Bouna Sylla (Mines), Fodé Félix Lamah (Agriculture) et Fatima Camara (Pêche). Enfin, complètent cette équipe gouvernementale : Moussa Moïse Sylla à la Culture, Khaïté Sall à la Santé, Facinet Sylla aux Infrastructures, Ousmane Gaoual Diallo aux Transports, Mourana Soumah à la Communication, Fodé Téa Kouyaté à l’Environnement, Laye Sékou Camara à l’Énergie, Aboubacar Camara à l’Assainissement et Mohamed Lamine Sy Savané à l’Urbanisme. Les fonctions de secrétaires généraux du Gouvernement et des Affaires religieuses, avec rang de ministre, sont quant à elles assurées respectivement par Tamba Benoît Kamano et Karamo.
Par Guinee28


