Le tribunal criminel de Dixinn, siégeant en audience délocalisée à la Cour d’appel de Conakry, a acquitté ce lundi 27 juillet 2026 le colonel Bienvenu Lamah, ancien officier de la gendarmerie nationale, de toutes les charges qui pesaient contre lui dans le cadre du massacre perpétré le 28 septembre 2009.
Rendant la décision de la juridiction, le juge a déclaré l’accusé « non coupable des crimes contre l’humanité et de la responsabilité du commandement du supérieur hiérarchique ». Constatant que « la demande de requalification présentée par le ministère public et les parties civiles est devenue sans objet », le président du tribunal a mis fin aux poursuites, ordonnant la relaxe et la remise en liberté immédiate de l’officier, sous réserve qu’il ne soit pas détenu pour d’autres motifs.
Cette décision vient clore des débats ouverts le 18 décembre 2025 au cours desquels le colonel Lamah a constamment clamé son innocence face aux chefs d’accusation de complicité d’abus d’autorité, meurtre, assassinat, viol, torture et enlèvement commis au stade de Conakry. Son nom avait initialement été cité dans la procédure par le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba.
Le verdict prononcé constitue un désaveu pour le ministère public qui avait soutenu l’implication de l’accusé jusqu’à la fin des audiences, requérant une peine de dix ans de réclusion criminelle ferme, assortie d’une période de sûreté de cinq ans.
Sur le plan de l’action civile, le tribunal a déclaré recevables les constitutions de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), mais les a déboutées de leurs prétentions. Les avocats des parties civiles réclamaient des dédommagements s’échelonnant d’un milliard de francs guinéens pour les pillages à deux milliards pour les cas de viols. Les parties insatisfaites par cette décision judiciaire disposent désormais d’un délai légal de quinze jours pour interjeter appel.
Par I.Sylla


