Lors de la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), la Guinée s’est hissée au rang de premier contributeur africain en engageant une enveloppe historique de 50 millions de dollars. Cet effort financier s’inscrit dans un élan collectif inédit où 24 nations du continent se sont engagées à mobiliser ensemble 182 millions de dollars, quadruplant ainsi les contributions de l’exercice précédent et démontrant une volonté d’autonomie financière face au durcissement mondial des financements concessionnels.
Par ce geste, Conakry consolide le rôle de ce guichet de la Banque africaine de développement (BAD) comme levier majeur pour les 37 pays les plus vulnérables du continent.
Le ministre guinéen de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, également gouverneur de la BAD pour la Guinée, a réaffirmé ce positionnement stratégique en déclarant : « Dans un contexte mondial marqué par un resserrement des financements concessionnels, il incombe aux pays africains eux-mêmes de soutenir l’instrument qui finance les économies les plus vulnérables du continent. Notre contribution, bien que modeste au regard de nos moyens, reflète l’engagement du président de la République en faveur d’une Afrique qui prend en main son propre développement ».
Il a également précisé que « Le co-investissement des pays africains dans le Fonds africain de développement n’est pas seulement un acte financier ; c’est un acte politique et stratégique. En apportant notre contribution, nous affirmons que le développement de l’Afrique relève avant tout de la responsabilité des Africains, et nous renforçons la légitimité du Fonds auprès de ses partenaires internationaux. C’est grâce à cette appropriation collective que nous construirons une architecture financière qui servira véritablement nos priorités ».
Cet engagement guinéen renforce un partenariat bilatéral déjà solide, le FAD finançant actuellement 51 projets en Guinée pour un montant supérieur à 578 millions de dollars, soit près de 60 % des opérations de la BAD dans le pays.
Ces investissements ciblent des secteurs vitaux pour transformer l’économie nationale et stimuler l’intégration en Afrique de l’Ouest. Dans l’agriculture, la Guinée investit 8,5 millions de dollars dans le Programme régional de développement de chaînes de valeur résilientes du riz pour garantir la sécurité alimentaire et augmenter les revenus ruraux.
Sur le plan industriel et minier, alors que le pays assure déjà 29 % de la production mondiale de bauxite, le Groupe de la Banque soutient activement le Programme Simandou 2040.
Ce projet titanesque vise à débloquer l’un des plus grands gisements de fer inexploités au monde en connectant de futurs réseaux miniers, ferroviaires et portuaires pour créer de nouveaux corridors économiques.
Enfin, pour briser l’isolement énergétique et commercial de la région, un financement concessionnel de 26 millions de dollars est alloué au Projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali dans le cadre du Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain, permettant d’approvisionner l’est du pays et de fluidifier le commerce transfrontalier.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


