Ce jeudi 30 avril 2026, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié son classement mondial annuel, révélant une chute préoccupante de la Guinée en matière de liberté de la presse. Le pays recule de 8 places pour s’établir au 111e rang sur 180 États, marquant un basculement officiel de la catégorie des zones « problématiques » vers celle où l’exercice du métier est jugé « difficile ».
Selon le classement, cette situation s’inscrit dans une dynamique amorcée il y a trois ans, durant lesquels la Guinée a perdu un total de 33 places. Cette érosion constante s’explique par un durcissement concret des conditions de travail sur le terrain. « les autorités multiplient les fermetures de médias, les sanctions ciblées contre les voix critiques et les pressions économiques visant à asphyxier les rédactions indépendantes», note RSF, qui souligne que l’objectif de ces manœuvres est «de restreindre l’accès à une information libre dans un contexte de tension croissante».
À l’échelle régionale, ce score de 48,45 isole davantage la Guinée de ses voisins ouest-africains. Elle accuse désormais un retard significatif sur le Ghana (39e), la Gambie (46e), la Côte d’Ivoire (54e) ou encore la Sierra Leone (79e).
Ce constat local s’insère dans une alerte globale lancée par RSF, qui note que la liberté de la presse a atteint son niveau le plus bas au niveau mondial depuis vingt-cinq ans.
Par Mariam Bâ


