Coup de tonnerre au Caire. Alors que le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) se réunit ce dimanche 29 mars 2026, Véron Mosengo-Omba a officialisé son départ. Le secrétaire général de l’instance, figure centrale de l’administration du football continental depuis mars 2021, quitte ses fonctions en revendiquant un bilan solide et une institution « prospère comme jamais ».
Cette démission intervient dans un climat de surveillance accrue pour la CAF, marquée récemment par l’attribution de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Pour le dirigeant, ce départ est avant tout l’épilogue d’un long parcours : « Après plus de 30 ans d’une carrière professionnelle internationale au service d’un football idéal capable de rassembler, d’éduquer et de créer des opportunités porteuses d’espoir, j’ai pris la décision de quitter mes fonctions de Secrétaire général de la CAF pour me consacrer à des projets plus personnels », a-t-il précisé par voie de communiqué.
Le mandat de Mosengo-Omba n’a pas été de tout repos, entaché par de lourdes zones d’ombre. En 2024, le dirigeant s’était retrouvé dans le viseur de la commission d’audit de la CAF, mais surtout de la justice suisse. Une enquête pour soupçons de blanchiment d’argent, gestion déloyale et falsification de documents — portant notamment sur des bonus jugés exorbitants — avait été ouverte à la suite d’un signalement bancaire. Bien que l’affaire ait été classée sans suite en janvier 2025 par le ministère public du canton de Fribourg, faute de preuves, ces turbulences ont pesé sur sa fin de règne.
C’est donc avec un sentiment de revanche sur ses détracteurs que l’ex-secrétaire général tire sa révérence, après avoir, selon ses termes, « lavé son honneur ». Il a tenu à souligner sa sérénité retrouvée : « Maintenant que j’ai pu lever les soupçons que certains se sont donnés beaucoup de mal à faire peser sur moi, je peux me retirer sereinement et sans contrainte en laissant une CAF prospère comme jamais. » En adressant ses remerciements au président Patrice Motsepe, Véron Mosengo-Omba clôt un chapitre tumultueux de l’histoire de la Confédération, laissant désormais au Comex le soin de gérer sa succession dans une période de réformes cruciales.
Par I.Sylla


