Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Mandiana a condamné, ce jeudi 30 juillet 2026, Moussa Condé à une peine de 15 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de 700 millions de francs guinéens. L’accusé a été reconnu coupable du viol collectif de la victime identifiée sous les initiales F.C. et d’enregistrement d’une représentation à caractère de pornographie infantile par le biais d’un système informatique, des faits commis au mois d’avril dans la localité de Djoma-Balandougou.
Cette décision judiciaire, statuant en matière criminelle et en premier ressort, fait suite aux aveux partiels de l’accusé lors des débats. Moussa Condé a formellement reconnu sa participation aux agressions sexuelles, tout en contestant son implication dans l’enregistrement et la diffusion en ligne des séquences vidéos montrant le crime. Sur le plan civil, le tribunal a pris acte du désistement de la victime, représentée par son père adoptif, Siaka Kéïta, conformément à un acte enregistré au greffe du cabinet d’instruction le 7 mai 2026. Pour asseoir son jugement, la juridiction s’est appuyée sur les articles 268 et 294 du Code pénal, les articles 21 et 22 de la loi n°037 relative à la cybersécurité, ainsi que sur les articles 496 et 548 du Code de procédure pénale.
À l’issue de l’audience, les différentes parties au procès se sont exprimées sur le verdict prononcé. Le ministère public, représenté par le procureur de la République près le TPI de Mandiana, Abdoulaye Soumah, a déclaré que le parquet ne ferait pas appel. Bien que ses réquisitions initiales portaient sur une peine de 20 ans de prison, le magistrat a estimé que cette condamnation ferme constitue un « signal fort adressé à tous ceux qui seraient tentés de commettre de telles infractions », soulignant que la justice ne reculera devant rien pour réprimer les actes non consentis.
De son côté, la défense, par la voix de Me Ibrahima Kalil Kanté, a salué la prise en compte des circonstances atténuantes par le tribunal. L’avocat a indiqué que la juridiction avait été sensible à sa plaidoirie demandant l’indulgence pour son client. Il a toutefois annoncé son intention de saisir la Cour d’appel de Kankan, avec l’objectif d’obtenir une révision de la peine pour la ramener à 10 années de réclusion.
Ce verdict vient clôturer en première instance une affaire qui a suscité une mobilisation sans précédent à l’échelle nationale. La diffusion sur Internet des vidéos du viol commis par trois jeunes hommes avait en effet provoqué une vague d’indignation massive. En réponse à l’enlisement perçu de la procédure judiciaire, la société civile et des militantes féministes avaient lancé la campagne en ligne #JeudiNoir le 23 juillet, exigeant l’accélération du procès et la stricte application de la loi contre les violences sexuelles.
Par Mariam Bâ


