On connaît désormais les motifs de la suspension, le 12 juin dernier, du préfet, des sous-préfets et d’une centaine de fonctionnaires de l’environnement dans la préfecture de Siguiri. Lors d’une intervention télévisée, le porte-parole du gouvernement a levé le voile sur les raisons de ces sanctions massives. Selon Ousmane Gaoual Diallo, la décision fait suite à la non-application flagrante de l’interdiction des pelles mécaniques. Cette mesure avait pourtant été prise le 13 mars dernier pour endiguer la destruction environnementale dans cette région.
L’interdiction gouvernementale est restée lettre morte sur le terrain. Le porte-parole a expliqué que l’État est passé à l’action après avoir envoyé des missions d’inspection sur place. Les enquêteurs ont fait un constat sans appel : les machines destructrices opéraient toujours en grand nombre au vu et au su de l’administration locale.
Face à cette inertie, l’exécutif a donc décidé de sévir. Ousmane Gaoual Diallo précise qu’il s’agit pour le moment de « mesures conservatoires » et prévient que « des enquêtes administratives se poursuivent pour situer les responsabilités dans cette situation ». Il a toutefois tenu à rassurer la population locale : il ne s’agit nullement d’interdire l’orpaillage artisanal traditionnel, dont vivent des centaines de milliers de personnes, mais de mieux l’encadrer pour en limiter les impacts.
Par Mariam Bâ


