Des tirs nourris et des détonations ont secoué plusieurs quartiers stratégiques de Niamey, la capitale du Niger, dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août, sans que leur origine ni leurs auteurs ne soient pour l’instant officiellement déterminés. Selon des témoignages recueillis par l’AFP auprès de riverains, les incidents les plus intenses se sont concentrés autour de la base militaire 101, attenante à l’aéroport international. Cette situation a été corroborée par un habitant du quartier de Koira Kano, dans l’ouest de la ville, qui a rapporté à l’agence de presse avoir entendu des tirs sporadiques d’armes légères aux alentours de 05H00 (04H00 GMT). En parallèle, diverses publications sur les réseaux sociaux ont signalé des tirs et des explosions dans la zone administrative abritant le palais présidentiel et la télévision nationale, tout en diffusant des images montrant le déploiement de véhicules blindés en renfort près de l’aéroport.
Face à ces événements, aucune communication officielle n’a encore été émise par les autorités de transition, bien que des activistes et des communicants proches de la junte militaire aient affirmé sur les réseaux sociaux que la situation était « sous contrôle ». Le motif de ces tirs demeure inconnu, mais ils ciblent un secteur particulièrement sensible et stratégique.
La base 101 de l’armée de l’air abrite en effet le quartier général d’Africa Corps, partenaire russe de Niamey, l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel formée avec le Burkina Faso et le Mali, ainsi qu’une importante cargaison de concentré d’uranium stockée sur le site depuis l’hiver dernier en l’attente de son exportation.
Ces nouveaux tirs s’inscrivent dans un contexte sécuritaire extrêmement précaire pour les infrastructures aéroportuaires de la capitale nigérienne, régulièrement visées par des groupes armés. Les archives récentes rappellent que l’aéroport de Niamey a déjà été la cible de deux assauts jihadistes repoussés par l’armée cette année : le premier mené par le groupe État islamique en janvier, et le second par le JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaïda, fin juin, ayant coûté la vie à onze soldats et deux civils.
À la suite de la première attaque, dont l’objectif était de détruire les capacités aériennes nationales, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023, avait publiquement reconnu une faille dans le dispositif sécuritaire.
Par Guinee28


