TUNIS – L’année 2025 marque un tournant majeur pour la gestion migratoire en Tunisie. Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 8 853 migrants ont bénéficié du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR), un chiffre record qui témoigne de l’intensification des opérations de rapatriement sécurisé.
Une hausse d’activité de 28 %
Le bilan annuel de l’OIM affiche une progression de 28 % par rapport à 2024. Au-delà des retours volontaires, l’organisation a également facilité la réinstallation de 103 réfugiés et demandeurs d’asile vers cinq pays tiers.
Cette augmentation du flux s’accompagne d’une complexification des profils pris en charge. L’OIM souligne notamment une hausse inquiétante du nombre de personnes en situation de vulnérabilité extrême, incluant des victimes de traite et des mineurs non accompagnés.
Le déploiement opérationnel de 2025 a mobilisé 22 vols charters et 368 vols commerciaux pour couvrir 27 pays de destination, dont la Guinée, le Mali, le Sénégal etc.
L’approche ne se limite pas au transport. Chaque migrant bénéficie d’un soutien individualisé post-arrivée. Ce mécanisme vise une réintégration durable en permettant aux bénéficiaires de financer des projets personnels ou professionnels adaptés à leur parcours et à leurs capacités.
Pour Azzouz Samri, chef de mission de l’OIM en Tunisie, ce bilan est le fruit d’une « collaboration multipartite » essentielle à une gouvernance migratoire respectueuse des droits humains. Ces opérations s’appuient sur une coordination étroite entre les autorités tunisiennes, les représentations diplomatiques des pays d’origine et les partenaires internationaux.
Le programme bénéficie du soutien financier de l’Union européenne, ainsi que de sept pays contributeurs : l’Autriche, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la République tchèque, la Suède et le Royaume-Uni.
Par I.Sylla


