Initialement prévu samedi dernier, le rapatriement du corps d’Adama Condé est désormais attendu cette semaine, probablement entre le jeudi 8 et le vendredi 9 janvier. Ce Guinéen de 34 ans a été tué par des tirs policiers le 14 décembre dernier à Namur, en Belgique. L’ambassade de Guinée à Bruxelles, mobilisée sur le dossier, soutient la plainte déposée par la famille de la victime contre les agents auteurs des trois coups de feu mortels.
« Je suis actuellement à l’aéroport pour Conakry. J’attendais la dépouille de mon jeune frère le week-end dernier, mais les autorités belges n’avaient pas encore délivré l’autorisation nécessaire. Elles m’ont assuré que tous les documents seraient prêts cette semaine. J’aurais souhaité voyager avec le corps, mais je suis contraint de l’attendre à Conakry. Tout devrait rentrer dans l’ordre pour une arrivée jeudi ou vendredi », a confié son frère, Abou Condé, à nos confrères de Guineematin.
Lors d’une intervention à la radiotélévision nationale, le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a pris position : « Si les conclusions définitives de l’enquête sont encore attendues, il ressort néanmoins des éléments disponibles que l’usage d’armes à feu par quatre agents pour maîtriser un seul individu ne saurait, en l’état, être considéré comme une nécessité absolue. La République de Guinée condamne avec fermeté cette tragédie résultant d’un usage manifestement disproportionné de la force. »
Un usage de la force en question
Pour rappel, le drame s’est noué le 14 décembre dans le quartier de la gare de Namur. Les forces de l’ordre avaient été appelées pour une « bagarre au couteau ». Si les images amateurs ne permettent pas de reconstituer l’intégralité de la scène, l’une des vidéos montre Adama Condé s’avançant vers trois policiers. Deux coups de feu sont tirés alors qu’une distance de deux à trois mètres sépare encore les agents de la victime.
Adama Condé continuant d’avancer, un corps-à-corps s’engage avec plusieurs policiers avant qu’un troisième coup de feu ne retentisse. On voit ensuite le jeune homme s’extraire de la mêlée, marcher quelques mètres, puis s’effondrer.
Les premiers éléments de l’enquête révèlent qu’Adama Condé n’avait pas de couteau en main au moment du contact physique avec les agents. Il a également été établi que les trois projectiles mortels, dont l’un a atteint la poitrine, provenaient de trois armes différentes. L’instruction devra désormais déterminer si cet usage des armes de service était conforme à la loi.
Par I.Sylla


