Une grave crise de gouvernance secoue actuellement l’Office guinéen de publicité (OGP). Une vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux ces dernières heures, expose au grand jour un violent affrontement verbal entre les deux plus hauts responsables de l’institution : le directeur général (DG), Aladji Cellou Camara, et son directeur général adjoint (DGA), Jean-Marie Soriba Coumbassa.
L’altercation s’est déroulée directement dans les locaux de l’OGP. Les images témoignent de la tentative du DGA de forcer l’accès à une réunion à laquelle il n’était manifestement pas convié.
Bloqué dans un premier temps par un agent de sécurité qui lui oppose un refus catégorique, Jean-Marie Soriba Coumbassa tente de justifier sa démarche : « Je viens assister à la réunion de l’OGP. Cela concerne l’OGP, c’est pourquoi je suis là. »
La tension atteint son paroxysme avec l’intervention du directeur général, Aladji Cellou Camara. Devant plusieurs témoins, ce dernier s’oppose fermement à l’entrée de son adjoint et justifie son exclusion : « Non, tu n’es pas concerné. Vous avez déjà organisé votre réunion à mon insu et vous ne participerez pas à cette réunion. » Parvenant malgré tout à s’introduire dans la salle, le DGA réplique en lançant de lourdes accusations à l’encontre de son supérieur hiérarchique : « Mes agents sont aujourd’hui en prison à cause de lui… »
Loin d’être un simple accès de colère isolé, cet éclat public s’inscrit dans un contexte de paralysie et de défiance systémique au sommet de la régie publique. Les répercussions de cette scène illustrent la dégradation ultime des relations entre les deux hommes.
Selon les dernières informations, une plainte officielle a été déposée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) contre le DGA, Jean-Marie Soriba Coumbassa, à la suite de cette confrontation. Un incident qui, d’ailleurs, n’est pas une première.
En début d’année, le DGA avait fait l’objet d’une suspension temporaire motivée par un « manquement grave à ses obligations ». La levée de cette mesure, survenue moins d’un mois plus tard, était d’ailleurs assortie d’une interdiction formelle de s’épancher sur les réseaux sociaux.
Dans l’attente d’une prise de parole officielle du ministère de tutelle ou de la direction de l’OGP, cette énième crise interne soulève de vives interrogations. Pour les observateurs de la vie publique, la collaboration entre les deux dirigeants semble aujourd’hui impossible, ouvrant la voie à l’adoption de mesures disciplinaires sévères, voire à un remaniement complet de la direction pour restaurer la sérénité au sein de l’établissement.
Par Mariam Bâ


