Le communiqué de l’opérateur, tombé dans l’après-midi, tente de colmater les brèches avec une sémantique bien rodée. On nous parle d’une « panne exceptionnelle ». Un adjectif pratique qui semble suggérer que face à la fatalité, personne n’est responsable.
On évoque un « incident technique » sans jamais le nommer. Était-ce une rupture de fibre, un bug de serveur central, ou une défaillance de maintenance ? Le mystère reste entier, et ce flou est, en soi, une insulte à l’intelligence des abonnés.
La culture de l’excuse ne paie pas les factures
Orange Guinée présente ses « excuses sincères ». C’est la moindre des choses. Mais les excuses ne rétablissent pas les transactions Orange Money avortées, ne compensent pas les opportunités d’affaires perdues pour les PME, et ne calment pas l’angoisse de celui qui devait joindre un médecin en urgence.
Dans un pays où le coût de la data et des communications pèse lourdement sur le panier de la ménagère, la « confiance renouvelée » que réclame l’opérateur ne peut plus être un chèque en blanc.
Qui doit payer la note ?
La question de la responsabilité est désormais sur la table. Quand un client a un jour de retard sur son forfait, le service est coupé sans état d’âme. Quand l’opérateur prive tout un pays de service pendant une demi-journée, quelle est la réciprocité ?
Il ne s’agit plus de « remercier les usagers pour leur patience ». Il s’agit de parler indemnisation.
Est-ce que des crédits de communication seront offerts d’office ? Y aura-t-il un prolongement de la validité des forfaits data impactés ? L’ARPT (Autorité de Régulation) va-t-elle enfin sortir de sa torpeur pour exiger des comptes chiffrés ?
La connectivité est devenue un service public de fait. Lorsqu’un géant comme Orange vacille, c’est toute la résilience du pays qui est questionnée. Le temps de l’indulgence est révolu : après le black-out, nous attendons maintenant la transparence et la réparation.
Par Guinee28


