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Politique

Guinée : la trahison des élites politiques (Tribune)

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Nous avons tous suivi les portes-parole de la mouvance présidentielle et de l’opposition nous dire fièrement qu’ils ont trouvé une solution sur la question des élections locales qui fera l’objet (après nos réactions outrées) d’une proposition de loi qui passera comme lettre à la poste à l’Assemblée nationale. J’ai personnellement eu des échanges avec des députés des deux blocs qui disent la main sur le coeur que leur proposition ne viole aucune loi. Qu’ils le fassent! Nous nous savons qu’elle sera rejetée par la Cour Constitutionnelle pour non conformité avec la Constitution. En effet, comme il s’agit d’une loi organique, la Cour Constitutionnelle  doit être obligatoirement saisi conformément à l’article 95 pour examen de constitutionnalité.

Cette proposition viole le Titre premier de la Constitution : De la souveraineté et de l’Etat en son article 2.

Article 2 alinéa 1 : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus et par voie de referendum.Ils ont ignoré le sacro-saint principe inscrit dans le marbre dans notre Constitution qui veut que tous les représentants du peuple soient élus. Veulent-ils nous faire croire que les chefs de quartiers et présidents de districts ne sont pas des représentants du peuple, donc qu’ils ne sont pas concernés par cette disposition constitutionnelle? Qu’ils le veuillent ou non, ces derniers ont la même légitimité populaire que le président de la République, les députés et les maires. Ils doivent être tous élus conformément àl’article 2 alinéa 3 : Le suffrage est universel, direct, égal et secret.Cet article exclut l’élection indirecte en Guinée, ce qui veut dire que leur mode de nomination des  chefs de quartier et présidents de districts qu’ils déguisent en élection indirecte est anti-constitutionnelle.

Article 2 alinéa 2 : Aucune fraction du peuple, aucun individu ne peut s’en attribuer (la souveraineté nationale) l’exercice. C’est incroyable que ces acteurs politiques s’imaginent que leur dialogue leur donne la légitimité de prendre des décisions qui sont au-dessus des dispositions de la Constitution. C’est une dérive dangereuse qui nous oblige de nous mobiliser pour y mettre fin. Je cite quelques exemples. Dans leur accord du 3 juillet 2013, ils décident que la révision des listes électorales concernera exclusivement les Guinéens résidants en Guinée, en privant ainsi les Guinéens de la diaspora de se faire recenser pour voter, en violation de  l’article 2 alinéa 4 et de l’article 22 alinéa 2 de la Constitution et des articles 3, 6 et 11 de la loi organique portant Code électoral. Dans leur accord du 20 août 2015, ils décident d’installer des délégations spéciales dans 128 communes du pays  au prorata des résultats obtenus par chaque partie aux élections législatives qui est une violation de l’article 2 de la Constitution et des articles 113 et 115 (en privant d’élection les candidats indépendants) de la loi organique portant Code électoral. En 2016 avec le dialogue en cours, ils ont décidé encore de désigner les conseillers de quartiers et de districts au prorata des résultats obtenus par les listes majoritaires à l’élection communale qui s’inspire du précédent des délégations spéciales, mais aussi cette autre décision que les élections communales seront organisées sans révision du fichier électoral en violation de l’article 17 de la loi organique portant Code électoral : La période de révision des listes électorales est fixée du 1er octobre au 31 décembre de chaque année.La CENI n’a jamais respecté cette loi depuis son installation Comme on le voit, la Constitution et nos lois ne représentent rien pour eux, ils pensent que le dialogue est un marchandage au détriment des textes constitutionnels de la République, donc du peuple souverain de Guinée. Or, selon l’article 2 alinéa 6 : La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la Loi suprême de l’Etat.  Ils sont libres, s’ils le veulent de voter à l’unanimité leur proposition de loi, mais nous leur rappelons (parce qu’on a l’impression qu’ils ne lisent pas la Constitution) que l’article 2 alinéa 7 de la Constitution  dispose : Toute loi, tout texte règlementaire et acte administratif contraires à ses dispositions sont nuls et de nul effet.

C’est possible qu’ils ne se rendent pas compte, qu’ils sont entrain de tuer le principe de la décentralisation dans notre pays, depuis leur premier coup de force de l’installation des délégations spéciales en 2015 et maintenant les quartiers et districts auxquels les Guinéens sont si familiers et attachés. L’article 1er du Code des collectivités locales dispose : La décentralisation territoriale est un système d’administration consistant à permettre à des groupements humains géographiquement localisés sur une portion déterminée du territoire national auxquels il est conféré la personnalité juridique et de pouvoir s’administrer, sous le contrôle de l’Etat, par des autorités élues. Certes, les quartiers et les districts représentent de petites portions de notre territoire, mais cela n’empêche qu’ils ont la personnalité juridique et le pouvoir de s’administrer par des représentants élus. En France, il y a 100 communes qui ont moins de 22 habitants (dont 16 qui ont moins de 10 habitants), mais cela n’empêche qu’on y vote à toutes les élections. Contrairement aux arguments qu’ils avancent (comme les contraintes juridiques alors que l’article 102 du Code électoral est nul et de nul effet), il est facile d’organiser les deux élections ensemble. Dans un bureau de vote par exemple, on aura le fichier du quartier ou du district et le fichier de la commune et chaque électeur choisira  deux bulletins,dont un pour la liste de candidats de la commune et un autre pour la liste de candidats du quartier ou du district pour les déposer séparément dans les deux urnes disposés à cet effet pour les deux élections. Les commissaires de la CENI ont bien effectué des voyages d’études dans les pays africains anglophones où ce système de vote est pratiqué. En 2015, les Nigérians ont voté le même jour pour élire à la fois le président de la République et les députés dans les 36 Etats de leur pays avec 69 millions d’électeurs inscrits.

Les dirigeants des partis politiques impliqués dans ces dialogues sont dans l’erreur en croyant qu’ils peuvent tripatouiller nos textes comme bon leur semble. C’est toute l’architecture organisationnelle démocratique installée par la Constitution et la loi organique portant Code électoral qu’ils veulent détruire. On ne peut pas désigner les députés au prorata des résultats obtenus par chaque parti à l’élection présidentielle, on ne peut pas désigner les maires au prorata des résultats obtenus par chaque parti aux élections législatives et on ne peut pas non plus désigner les chefs de quartier au prorata des résultats obtenus par chaque liste à l’élection communale. Sinon pourquoi, nous avions crié au scandale, lorsque le général Lansana Conté, puis le docteur Alpha Condé se sont donnés le droit de nommer les chefs de quartier, de destituer des conseils communaux pour installer illégalement des délégations spéciales? Pourtant, si on suit leur logique, le président aussi est sorti vainqueur de l’élection présidentielle contre plusieurs candidats, ce qui doit lui donner le droit de nommer les chefs de quartiers et les présidents de districts. Cette proposition des parties prenantes au dialogue est une incongruité à la lumière de notre Constitution, qu’il faut jeter dans la poubelle.  En effet, le président de la République, les députés, les conseillers communaux et les conseillers de quartiers et de districts sont tous des représentants du peuple qui doivent être élus obligatoirement au suffrage universel, direct, égal et secret. C’est ce que dit la Constitution et toute proposition de loi contraire à ses dispositions est nulle et de nul effet. Il faut en finir avec ces séries annuelles de dialogue qui ne servent finalement qu’a violer nos textes et exiger qu’Alpha Condé applique strictement la Constitution et les lois de la République. Point besoin de dialogue pour le mettre devant ses responsabilités constitutionnelles.

A toutes celles et ceux qui pensent que ce débat est sans intérêt ou que leur préoccupation quotidienne est  de chercher àsurvivre,je dirais qu’ils se trompent, car chaque article de notre Constitution et de nos lois, a une importance capitale pour la bonne conduite des affaires de l’Etat. Nous sommes écrases par la pauvreté, parce que nos dirigeants, depuis 1958, ne respectent pas les lois et règlements de notre pays, d’où la gestion calamiteuse de nos affaires qui a eu pour conséquences les massacres de citoyens, la dilapidation des deniers publics dans un climat peu propice pour les libertés publiques et le développement économique et social.

Mais en ce moment, l’enjeu pour nous, que malheureusement la politique de courte vue des dirigeants de l’opposition ne leur permet pas de comprendre, c’est le problème  d’un 3 ème mandat  en perspective d’Alpha Condé. Comme ils se sont embourbes eux-mêmes dans ces différentes violations de la Constitution, Alpha Condé se dira que la voie est libre pour proposer une nouvelle Constitution au referendum qui lui permettra de briquer un troisième mandat comme Sassou Nguesso du Congo. C’est pourquoi, nous demandons à tous les Guinéens, particulièrement aux jeunes de se mobiliser pour faire barrage à ce projet anti-constitutionnel issu du dialogue. Le faire, c’est lancer un signal fort à Alpha Condé que nous n’accepterons pas que quiconque touche à notre Constitution pour convenance personnelle. Si les militants de l’opposition acceptent le coup de force de leurs dirigeants sous prétexte de loyauté à leurs partis, ils ne pourront pas s’opposer au prochain coup de force, cette fois-ci d’Alpha Condé qui a déjà engagé les grandes manoeuvres pour se frayer le chemin du pouvoir à vie dans notre pays comme ses prédécesseurs. Ce qui sera une calamité pour nous tous. Ne nous y trompons pas, il y a un lien direct entre l’absence de démocratie et d’Etat de droit et la pauvreté dans notre pays. A part les multinationales minières (qui imposent leur dictat à nos Etats), ils ne sont pas du tout nombreux les investisseurs qui osent s’aventurer dans des Etats hors-la-loi comme le nôtre. Or, sans investissements massifs des entreprises privées, étrangères et locales, point de création de richesses et d’emplois pour éradiquer la pauvreté dans notre pays. Nous voyons bien, hormis les mines qui sont une malédiction pour les pays africains en raison de la corruption des élites dirigeantes,  ce sont les meilleurs élèves de la bonne gouvernance politique et économique qui reçoivent les investissements nécessaires à leur développement économique. Nous devons  savoir que ce combat pour le respect de notre Constitution et de nos lois, c’est aussi et surtout le combat pour notre prospérité et le respect de nos droits humains.

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A LA UNE

Diplomatie : Alpha Condé nomme un nouvel ambassadeur à l’ONU

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Quelques jours après avoir rappelé son ambassadrice auprès de l’Organisation des Nations Unies, le président Alpha Condé a nommé ce 21 septembre, un chargé d’affaires par intérim à la représentation permanente à l’ONU.

Il s’agit de Kèlèty Fama Touré, jusque-là conseiller chargé des questions politiques au ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger.

Il succède à Fatoumata Kaba, rappelé le 16 septembre dernier avec ‘’effet immédiat’’.

Aucune raison officielle n’a été donnée pour justifier ce rappel de cette diplomate, mais selon plusieurs sources, le président Alpha Condé reprocherait à dame Fatoumata Kaba ''d’entretenir'' des relations avec l’un de ses opposants.

Par Guinee28

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A LA UNE

Présidentielle du 18 octobre : la diaspora forestière appelle à sanctionner Alpha Condé

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Le Conseil Supérieur de la Diaspora Forestière (CSDF) a appelé l’électorat de la Guinée en générale, et de la Guinée Forestière en particulier, à voter massivement contre le président Alpha Condé, candidat pour un troisième mandat, lors du scrutin présidentiel du 18 octobre prochain.

Dans une déclaration ce conseil soutient qu’en votant contre le chef de l’Etat, l’on rendrait justice aux Guinéens qui sont victimes des ‘’errements’’ de son régime ‘’moribond aux abois’’.

« Toute aventure politique qui viole la constitution engendre de facto un régime de dictature ; et cette dynamique va en contresens de la démocratie qui est à l’heure de l’horloge politique contemporaine. Comme l’a dit Nelson Mandela, «Les dictateurs décomposent et détruisent la république ; tandis que les démocrates œuvrent pour sa construction ».C’est pourquoi, le CSDF demande à tous les compatriotes épris de justice et de paix de sanctionner le régime RPG lors de l’élection présidentielle en votant pour l’alternance. Ce serait la seule voie qui assurerait l’avènement d’un régime nouveau, avec un contrat social nouveau, afin de bâtir une Guinée nouvelle. »

Par Mariam Bâ

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Mais qu’est-ce qui se passe au Bloc libéral de Faya Millimono ?

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Mais qu’est-ce qui se passe au Bloc libéral ? S’achemine-t-on vers l’implosion de cette formation politique dirigé par Faya Millimono ? Si rien n’est moins sûr, depuis quelques semaines ce dernier fait face à des frondeurs qui l’accusent de vouloir annuler le récent congrès du parti dans le but d’écarter ses collaborateurs qu’il ne parviendrait pas à manipuler. Pire, « il n’est plus le président du Bloc Libéral », clame une frondeuse.  

« Nous n’accepterons pas que le congrès soit annulé. La décision de Dr Faya est nulle et de nul effet parce qu’il est un président périmé. Son mandat a expiré depuis le 26 août. Donc, il n’est plus le président du Bloc Libéral. Il est un simple militant comme nous autres. En attendant que l’élection du bureau ne soit reprise et qu’il soit réélu », a clamé Halimatou Dianwadou Baldé ,vice-présidente du Conseil National des Jeunes du Bloc Libéral dans un entretien avec nos confrères de guineeatin.com.

« Nous avons organisé un congrès physique pour les fédérations qui sont à Conakry et qui sont partis au siège ; et, un congrès en ligne, via zoom pour ceux qui sont en dehors de Conakry. On a voté ici au siège, devant les médias ; et, les résultats partiels ont été sortis. En ligne, les gens ont voté pour les quatre structures nationales ; à savoir : le bureau national des femmes, celui des jeunes, des sages et le bureau exécutif dont Dr Faya était le président. Pendant l’élection, les trois bureaux (celui des femmes, des jeunes et de sages : ndlr) n’ont eu aucun problème ; mais, arrivée au niveau du bureau exécutif, le vote  physique s’est passé librement. C’est au niveau du vote en ligne où ils ont estimé qu’il y a eu des anomalies. En principe, tous les résultats devraient être connus le même jour parce que tout le monde voyait le pourcentage au fur et à mesure. Mais, ils ont refusé de donner les résultats. 72 heures après, nous avons commencé à réclamer les résultats et nous avons estimé que s’ils refusent de publier ces résultats, c’est qu’ils veulent les modifier. C’est plus de 10 jours après que Dr Faya est venu nous dire que le congrès doit être annulé. Nous avons dit non, on ne peut pas annuler un congrès passé devant tout le monde, y compris les médias. Nous avons dit que dans une élection, on peut rencontrer des anomalies majeures ou mineures ; mais, lorsqu’on trouve que le problème se situe à un seul niveau, même si c’est le bureau exécutif où on suppose que le zoom a caché quelque chose, qu’on reprenne pour celui-là et qu’on conserve les autres résultats », a-t-elle expliqué, accusantFaya Millimouno de chercher à inverser les résultats du congrès.

« C’est parce qu’il n’est pas satisfait des résultats obtenus ; car, les gens qu’il avait préparés pour évincer les autres n’ont pas été élus par les militants à la base », dit-elle.

Depuis le début de cette crise, l’accusé Faya Millimono reste, du moins pour l’instant, silencieux. Mais combien de temps le faudra-t-il encore ?

Par Alpha Diallo

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