En prélude à la célébration de la journée mondiale des réfugiés, le ministre de l’Administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé, a fait une déclaration publique afin de dresser le bilan de la situation des personnes déplacées sur le territoire national. Selon les données officielles communiquées par le ministre dans son discours, le pays abrite actuellement « plus de 3 023 réfugiés de diverses nationalités et plus de 3 053 demandeurs d’asile issus principalement des pays de la sous-région et au-delà ».
Cette politique d’accueil est justifiée par Ibrahima Kalil Condé par le fait que la République de Guinée demeure « une terre d’accueil sûre », se voulant « fidèle à sa tradition panafricaine et à son hospitalité légendaire ». D’après la déclaration du ministre, ces populations ne sont pas isolées mais vivent « intégrées au sein de nos communautés et contribuent à la dynamique économique et sociale de notre pays dans un esprit de fraternité ».
La prise en charge de ces exilés s’effectue dans le cadre défini par la vision de développement du programme Simandou 2040. Le responsable gouvernemental explique la méthode choisie en affirmant qu’« en garantissant aux réfugiés l’accès à la protection, à l’éducation, à la santé et aux opportunités d’insertion socio-économique, notre pays réaffirme sa conviction que chaque personne vivant sur son territoire peut contribuer au développement collectif dans le respect des lois de la République ».
Sur le plan de la méthode légale, la source ministérielle précise que l’action étatique « n’est pas un simple acte de charité » mais s’appuie sur la Convention de Genève de 1951, dont le principe cardinal est le non-refoulement, ainsi que sur la loi nationale L/2018/050/AN relative à l’asile et à la protection des réfugiés.
D’après Ibrahima Kalil Condé, ce cadre juridique adopté par l’Assemblée nationale définit comment l’État opère en garantissant « une procédure d’évaluation juste, transparente et non discriminatoire pour chaque demandeur d’asile » tout en consacrant leur accès « aux services sociaux de base, notamment la santé et l’éducation, ainsi qu’au droit au travail, créant ainsi les conditions de leur autonomisation progressive ».
Enfin, le ministre souligne que cette politique de protection et d’intégration est mise en œuvre dans un contexte régional hautement sensible. Il identifie la crise sahélienne comme un facteur déterminant, précisant que « la situation au Sahel constitue un défi majeur pour notre pays qui partage plus de 858 kilomètres de frontière avec le Mali, où persistent des menaces sécuritaires et humanitaires affectant durablement les populations ». C’est pourquoi, conclut Ibrahima Kalil Condé dans son discours, « cette réalité exige de nous une vigilance constante, tout en préservant nos engagements humanitaires et nos valeurs de solidarité ».
Par Mouctar Barry


