Connect with us

A LA UNE

Guinée : les putschistes s’accrochent au pouvoir ( le monde)

Published

on

La Guinée refuse d’appliquer le blocus décrété contre son voisin malien par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a sanctionné, dimanche 9 janvier, les atermoiements des militaires au pouvoir à Bamako. A Conakry, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD, au pouvoir) assure que sa décision est en « conformité avec sa vision panafricaniste ». Un argument qui ne convainc pas grand monde et résonne davantage comme un geste de solidarité entre deux juntes, démocratiquement illégitimes et mises sous pression par la communauté internationale.

Une mission ouest-africaine est attendue à Conakry dans les prochains jours. La Guinée est, elle aussi, soumise à un régime de sanctions – assez légères – depuis le coup d’Etat du 5 septembre 2021 mené par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya contre le président Alpha Condé. Le pays a été suspendu des instances de la Cédéao. Des sanctions individuelles ont également été prises contre les putschistes et leurs familles (gel des avoirs financiers et interdiction de voyager).

Pour autant, le chef du CNRD tient tête à l’organisation régionale. Ces derniers mois, il a refusé la nomination d’un envoyé spécial et n’a toujours pas fourni de calendrier de transition, écartant de facto la période de six mois exigée par la Cédéao pour rendre le pouvoir aux civils. « Les lourdes sanctions internationales prises contre le Mali vont peut-être les faire réfléchir », avance Mamadou Aliou Barry, directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques.

« Les premiers signes d’une dérive autoritaire »

Le CNRD bénéficie toujours du soutien de la société civile et des organisations politiques locales. Parmi elles, la principale organisation, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, a applaudi des deux mains le coup de force des commandos de l’ancien légionnaire Mamady Doumbouya contre un président qui piétinait allègrement les jeunes institutions démocratiques du pays et jonglait dangereusement avec des arguments ethnocentrés.

Le parti de Cellou Dalein Diallo, qui recrute essentiellement au sein de la communauté peul, demande, comme toutes les autres formations « le retour à l’ordre constitutionnel », mais pas dans l’immédiat. « Dans un délai raisonnable de quinze mois depuis le coup d’Etat », a précisé le patron de l’UFDG. « Deux ans peuvent être également acceptables », concède un autre responsable joint au téléphone. Cette période serait nécessaire pour reconstruire les listes et la loi électorales, que l’ancien pouvoir était soupçonné d’avoir manipulées à son profit. L’objectif est d’organiser des scrutins législatifs et présidentiel libres, transparents et inclusifs.

A ce jour, la junte au pouvoir n’a fourni aucun élément permettant de connaître ses intentions réelles. « Depuis quatre mois, le CNRD a pris des décisions symboliques saluées par la population, mais il n’a posé ni calendrier ni aucun acte démontrant qu’il travaille à la transition politique », s’inquiète l’analyste Mamadou Aliou Barry. Moins diplomate, mais sous le couvert de l’anonymat, un dirigeant de la société civile croit, quant à lui, discerner chez Mamady Doumbouya « les premiers signes d’une dérive autoritaire et la volonté de s’éterniser au pouvoir ». Plusieurs décisions traduisent une concentration des pouvoirs entre ses mains et celles de quelques proches, parmi lesquels son secrétaire général à la présidence, le colonel Amara Camara, et le ministre de la défense, le général Sidiki Camara – surnommé « Idi Amin ».

« Gouvernement parallèle »

« Le gouvernement est pluriel, représentatif du pays, mais impuissant », ajoute un conseiller ministériel. « Ce mode de fonctionnement est inquiétant, mais il était malheureusement prévisible », regrette Abdourahmane Sano, le coordinateur du Front national de défense de la constitution (FNDC), une coalition d’organisations de la société civile. « On change les hommes, plus difficilement les systèmes », ajoute ce militant qui avait mené dans la rue la fronde contre Alpha Condé.

Les inquiétudes pointent à tel point que le cardinal Robert Sarah a livré, fin décembre 2021 à Conakry, une homélie aux accents étonnamment politiques. « Je supplie [Mamady Doumbouya], a-t-il dit, de ne jamais admettre un gouvernement parallèle qui opère de nuit pour produire des décrets et faire des nominations en catimini et les diffuser nuitamment. » Le prélat faisait référence à des décisions de la junte déjà prises en solitaire. L’une d’elles a conduit au départ de la ministre de la justice. D’autres ont provoqué l’incompréhension d’une partie de la population, comme celles réhabilitant l’ancien dictateur Ahmed Sékou Touré, dont le règne (1958-1984) est jalonné de milliers de morts d’opposants.

« Les relations entre le gouvernement et le grand chef sont parfois difficiles, et notre marge de manœuvre très étroite, explique un conseiller ministériel. L’état de grâce de la junte s’érode. Or, plus [le président] s’éternise au pouvoir, plus il deviendra comptable d’une situation économique et sociale déjà dramatique qui continue de se dégrader. C’est aussi pour cette raison qu’Alpha Condé est tombé. »

Christophe Châtelot ( Le monde)

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

A LA UNE

Examens nationaux : Guillaume Hawing fait une interdiction

Published

on

Le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a interdit toutes sortes d’internat dans les écoles. Dans une note circulaire, Guillaume Hawing a indiqué que cette pratique a occasionné dans le passé de nombreux incidents qui a impacté le système éducatif guinéen.

« Il m’a été donné de constater que malgré l’interdiction d’internat dans des établissements d’enseignement public et privé, certains  responsables et enseignants continuent à se livrer à cette pratique peu honorable, qui nous éloigne de la déontologie et du sacerdoce de l’école guinéenne dont la mission principale est de former et d’éduquer », fustige-t-il, invitant les responsables d’écoles de mettre un terme à cette pratique.

«  Face à cette recrudescence de cette pratique douteuse, nous invitons tous les responsables des établissements d’enseignement public et privé du pays, à la proscrire dans nos écoles. Nul n’a le droit de retenir des élèves au-delà des heures réglementaires de cours », dit-il, indiquant que «  les responsables des écoles sont tenus, chacun en ce qui le concerne, de respecter scrupuleusement la présente circulaire au risque de s’exposer aux sanctions disciplinaires, voire pénales ».

Par I. Sylla

Continue Reading

A LA UNE

Jardin du 2 octobre : la gestion désormais confiée au gouvernorat

Published

on

La gestion du Jardin du 2 octobre  est désormais confiée au gouvernorat de ville de Conakry.

La décision a été prise par le président de la transition mercredi 18 mai 2020, dans un décret lu dans la soirée à la télévision nationale.

Jusque-là  le Jardin du 2 octobre était géré par l’ancienne première Dame de la République, Kaba Hadja Djènè Condé.

Guinee28

Continue Reading

A LA UNE

SOGUIPAH : le Directeur limogé et inculpé pour détournement d’argent

Published

on

Le Directeur de la société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéas (SOGUIPAH) a été limogé mercredi 18 mai 2022 par le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya.

En plus de son limogeage, Michel Beimy est aussi inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour détournement présumé de deniers publics, faux et usage de faux en écriture publique et complicité pendant par devant la cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), précise-t-on dans le décret qui le limoge.

Son départ intervient suite à un long bras de fer entre lui et les travailleurs de la SOGUIPAH. Ces derniers qui réclament une amélioration de leurs conditions de vie et de travail, exigeaient aussi son départ ainsi que toute la direction, en raison du « mauvais traitement » dont ils se disent victimes.

Michel Beimy occupait ce poste depuis février 2019.

Par Mariam Bâ

Continue Reading

Facebook

Advertisement
Advertisement

A PROPOS DE GUINEE28

Siège social : Lansanaya barrage commune de Matoto.

Téléphone: +224 624 24 93 98/+224 666 39 29 09

Email : alfaguinee28@gmail.com

Tendance