Le gouvernement guinéen et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu à Conakry, ce lundi 10 août 2026, un accord au niveau des services portant sur un programme économique et financier de 41 mois soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), débloquant un accès à environ 425 millions de dollars américains. Cet accord, équivalant à 145 % de la quote-part de la Guinée, vise à encadrer la gestion de la manne financière imminente générée par le mégaprojet minier de Simandou et à prévenir les déséquilibres économiques structurels, selon les informations communiquées par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
La validation définitive de cet accord et le décaissement des fonds restent conditionnés à l’approbation du Conseil d’administration du FMI, dont la décision est attendue pour septembre 2026. Cette entente est l’aboutissement de négociations tenues dans la capitale guinéenne entre le 16 juin et le début du mois d’août 2026, intégrant les consultations au titre de l’Article IV.
D’après le gouvernement, ces discussions ont abouti à l’élaboration d’un cahier des charges strict pour accompagner une économie en forte accélération, dont la croissance du Produit intérieur brut (PIB) est projetée à 8,6 % en 2026, consécutivement à une expansion de 7,1 % en 2025.
Pour canaliser ce choc d’abondance et éviter l’appréciation artificielle de la monnaie ou la perte de compétitivité des autres secteurs, le programme impose aux autorités guinéennes la mise en œuvre d’un plan de réformes structuré autour de cinq axes principaux.
Ces mesures incluent la capture durable de la rente minière par le renforcement de la transparence fiscale, la rigueur dans la sélection et l’exécution des investissements publics, et l’accumulation de réserves de change à la Banque Centrale pour se prémunir contre la volatilité des marchés internationaux.
Le plan exige par ailleurs une amélioration de la gouvernance institutionnelle, axée sur la redevabilité, ainsi que la diversification de l’économie pour soutenir le secteur privé local.
À travers ce programme, les autorités guinéennes indiquent vouloir rassurer les bailleurs de fonds internationaux et attirer les capitaux privés nécessaires au développement du pays.
D’après les déclarations du ministère de l’Économie, la finalité de cette discipline budgétaire est de convertir les ressources extractives en infrastructures concrètes, telles que des routes et des réseaux électriques, et en capital humain, assurant ainsi la création d’emplois pérennes et la souveraineté économique de la Guinée face aux futurs cycles des matières premières.
Par Guinee28


