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Opinion

Faible taux de réussite aux examens: un diagnostic s’impose !

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Cette année en Guinée, tout le monde ou presque sont unanime. Les résultats du BEPC (36,70%) et du Baccalauréat (27,15%) sont catastrophiques.  Avec un système éducatif défaillant, des enseignants incompétents et mal payés et des élèves paresseux, ces résultats interpellent aussi bien l’Administration publique que les parents d’élèves.

Il est clair que les faibles taux de réussite enregistrés au Bac et au BEPC ne sont pas uniquement dûs aux grèves enregistrées durant l’année scolaire. C’est tout le système éducatif guinéen qui est malade.

Du nombre pléthorique des élèves par salle de classe à la floraison sans contrôle des écoles privées, en passant par le niveau jugé faible de la majorité des enseignants, aujourd’hui l’école guinéenne souffre d’une maladie qu’il faut impérativement soigner .

De l’avis de l’ancien ministre de la réconciliation nationale, Bah Oury, qui a jugé récemment que l’école nationale est à l’agonie, 27,15% comme taux de réussite au Bac 2017 interpelle tous les acteurs politiques et sociaux. « C'est un drame qu'il faut corriger en profondeur » et maintenant sinon c’est l’avenir de toute une génération qui est sacrifié.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

A LA UNE

«Pendant que l’État de droit sombre en Afrique, la France regarde ailleurs» (Tribune)

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Un an jour pour jour après l'élection présidentielle au Togo, trois figures majeures de l’opposition congolaise, guinéenne, togolaise et un député français appellent la France à prendre des positions fortes concernant la répression de l'opposition et les fraudes électorales dans plusieurs pays d'Afrique. « Pendant que la démocratie et l’État de droit sombrent en Afrique subsaharienne, la France et l’Europe regardent ailleurs, se paient de quelques mots, puis poursuivent le train-train de leurs relations avec les dictateurs en place. » 

Il y a un an, le 22 février 2020, le Dr. Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo remportait largement l’élection présidentielle au Togo. Il suffit de recoller les procès-verbaux des bureaux de vote pour mesurer l’ampleur de sa victoire populaire. Depuis, menacé par le régime de Faure Gnassingbé dont la famille règne sur le Togo depuis plus d’un demi-siècle, il est contraint à la clandestinité d’où il préside le gouvernement légitime en exil. Face au gouvernement fantoche de Faure Gnassingbé, il œuvre pour le rétablissement de la vérité des urnes et une transition pacifique du pouvoir.

Il y a cinq mois, le 18 octobre 2020, Cellou Dalein Diallo remportait lui aussi l’élection présidentielle en Guinée. Depuis, son parti politique subit la répression du régime d’Alpha Condé, avec plusieurs centaines de ses militants et responsables abattus par les forces de sécurité ou emprisonnés. Plusieurs sont morts récemment en prison faute d’accès aux soins.

En République démocratique du Congo, Martin Fayulu remportait l’élection présidentielle de décembre 2018. Depuis, c'est Félix Tshisekedi qui occupe le fauteuil de président, en connivence avec Joseph Kabila. Martin Fayulu se bat pour arracher des réformes institutionnelles consensuelles entre toutes les parties prenantes, en dehors des institutions illégitimes en place, en vue de la tenue de nouvelles élections transparentes et crédibles en 2022 ou 2023. Il prévient qu’il ne tolérera aucun glissement du pouvoir usurpateur au-delà de 2023.

Au Niger, Hama Amadou, ancien Premier ministre, s’est vu refuser le droit de se présenter  à l’élection présidentielle dont le second tour s’est tenu hier, le 21 février 2021. Au Cameroun, tout laisse penser que Paul Biya n’a pas remporté l’élection présidentielle d’octobre 2018 face à Maurice Kamto. Depuis, le régime jette le pays dans un conflit sanguinaire avec ses provinces anglophones. Il en va de même au Gabon où Ali Bongo continue d’exercer le pouvoir, malgré la victoire manifeste de Jean Ping à l’élection présidentielle d’août 2016.

Pendant que la démocratie et l’État de droit sombrent en Afrique subsaharienne, la France et l’Europe regardent ailleurs, se paient de quelques mots, puis poursuivent le train-train de leurs relations avec les dictateurs en place. Oui : dictateurs. Il n’y pas d’autres mots pour qualifier celui qui accède au pouvoir par un mécanisme autre que démocratique ou s’y maintient par la force, contre le vote des citoyens et au moyen de la répression de toute opposition politique et médiatique. Plus grave encore, certains attisent la dimension ethnique, au risque d’enclencher la dynamique de la guerre civile et des crimes inter-ethniques de masse.

Les moyens d’action de la France et de l’Europe sont pourtant là : le Conseil de sécurité des Nations unies, que la France présidera en juillet prochain, l’activation de l’article 96 de l’Accord de Cotonou sur le respect de la démocratie, les pressions diplomatiques pour organiser des élections transparentes, libres et crédibles, les prises de parole fortes pour exiger la libération des prisonniers politiques, les sanctions individuelles (gel des avoirs, interdiction d’accès au territoire européen).

Alors qu’au tournant du nouveau siècle, l’espoir des processus démocratiques se levait en Afrique, il n’a suffi que de quelques années pour mettre à bas cette dynamique positive. Y a-t-il une fatalité aux aspirations démocratiques, toujours déçues, des peuples d’Afrique ? Alpha Condé, qui s’était illustré comme un défenseur intraitable de la démocratie, s’est mué en son fossoyeur dès que la fin de son deuxième mandat – et dernier selon la Constitution – est apparue à l’horizon. Comme d’autres avant lui, et sans doute après lui, il a modifié la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat à 83 ans, au prix de la vie de centaines de Guinéens qui s’y étaient massivement opposés. Comment nous-mêmes, qui prétendons accéder au pouvoir par la voie légitime des urnes, garantirons-nous les conditions de l’alternance politique, c’est-à-dire les conditions de notre propre remplacement par l’opposition ?

Il est temps de refonder un pacte démocratique pour l’Afrique centrale et de l’ouest : de poser les principes constitutionnels intangibles et d’assurer les conditions de leur effectivité, de définir les réformes institutionnelles nécessaires pour prévenir tout retour en arrière, et de convenir ensemble du rôle et de la responsabilité de la France et de l’Union européenne dans cet exercice. Car celles-ci ne sauraient se draper dans un silence coupable, au prétexte de non-ingérence. Faire droit aux peuples d'Afrique est un impératif qui requiert une synergie de dynamiques endogènes et exogènes.

Mais ne nous trompons pas : notre combat pour la démocratie, l’État de droit et les droits humains en Afrique centrale et de l’ouest n’est pas un combat cantonné à l’Afrique. Il est mondial. Il participe du même combat pour la démocratie sur les autres continents, en Amérique, en Asie comme en Europe. Car nous le savons désormais : la démocratie n’est jamais un acquis définitif. Chaque jour qui se lève doit se bâtir en essayant de l’atteindre, collectivement, sans relâche, sans concession.

Avant qu’il ne soit trop tard, nous appelons à définir un nouveau cadre partenarial global entre nos pays d’Afrique centrale et de l’ouest et la France et l’Europe.

Le prochain Sommet Afrique-France de juillet 2021, qui se tiendra à Montpellier, doit servir à cela, et non pas être un énième bal des hypocrites. Nous ferons d’ici là une proposition commune, portée par les aspirations de nos peuples, ancrée dans les valeurs de la démocratie et ouverte à toutes celles et tous ceux qui partagent cette exigence et ce combat pour la démocratie.

Signataires

Cellou Dalein Diallo, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)

Martin Fayulu, président de l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Président élu de la République démocratique du Congo

Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement du Togo (MPDD), Président élu de la République togolaise

Sébastien Nadot, député français (indépendant)

NB : cette tribune a été publiée en premier sur le site Mediapart

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A LA UNE

Face à eux-mêmes, à leurs leaders et à l’avenir, ce que veulent les Guinéens

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Lamarana-Petty Diallo (sur la photo) invite à bien analyser la situation dans laquelle se trouve la Guinée en prenant en compte la capacité des guinéens  eux-mêmes à façonner leur avenir dans la noblesse du combat pour la démocratisation du pays.

L’espoir d’un nouvel avenir est né avec l’indépendance nationale de 1958. Depuis, les Guinéens sont en quête et s’en sont toujours remis aux dirigeants des régimes politiques successifs et aux prétendants au pouvoir.

Cet espoir a une trajectoire. Il a connu des hauts et des bas. Il a conduit à des perspectives toujours renouvelées mais rarement atteintes. Cependant, des événements de divers ordres se succèdent depuis près de deux décennies et constituent, pour tout observateur de l’histoire politique, des indicateurs d’une fin de cycle : celui des pouvoirs inaltérables et des chefs inébranlables.

La nouvelle ère, celle que les responsables politiques ont souvent empêchée souffle déjà et les soubresauts de violences, de manifestations discontinues mais répétitives en sont les signes annonciateurs. Il nous appartient d’en prendre conscience pour assumer pleinement notre présent et notre avenir. Cela passe nécessairement par un certain nombre de paramètres dont l’avènement de nouvelles habitudes ou pratiques dans la gestion de la cité.

UNE AUTRE POLITIQUE POUR UN NOUVEAU MODE DE GOUVERNANCE

Qu’on ne me prête pas l’intention de faire allusion au « Gouverner autrement », ni à son antithèse « Ment pour gouverner ».

La politique dont il est question implique un nouveau regard, de nouvelles idées, une nouvelle philosophie politique qui devrait émerger pour parer, réformer, voire révolutionner, les mentalités sociales et le mode de gouvernance en cours dans notre pays.

C’est un critère que la classe politique guinéenne devrait prendre en compte pour anticiper sa propre transformation. Elle devrait s’aviser et comprendre que la reproduction de modes de gouvernance du passé, basés sur le nombrilisme régional ou ethnique perd du souffle.

Cette politique-là a fait suffisamment son temps et de mal : aucune génération, de l’indépendance à nos jours n’a échappé à la farce démocratique dont s’est paré plus d’un régime politique guinéen.

Nous avons connu des régimes qui se disent, les uns plus que les autres : démocratique, populaire, rassembleur, républicain, redresseur, patriotique, etc. Mais, qu’avons-nous vu ?

Le premier qui se nommait démocratique a été plus dictatorial. Ceux qui sont venus en redresseurs ont tordu le peu qui restait droit dans notre pays. Ne parlons pas du rassemblement actuel de notre peuple qui a dépassé tous ses prédécesseurs en termes de division et d’ethnocentrisme.

UN MAL GUINÉEN : L’ETHNIE POLITISÉE

L’expérience politique que nous avons menée jusqu’à présent a montré que la coloration nominative d’un parti politique ne détermine pas sa pratique de gouvernance. Sinon, les régimes politiques n’allaient pas reproduire, en pire, les mêmes modes de gouvernance politico -ethnique ou l’ethnostratégie.

L’ethnie ne saurait demeurer au cœur de l’Etat en recyclant les mêmes acteurs qui font souvent de la politique par dépit et non par conviction. Ceux-là qui ont instauré et entretenu une espèce de mœurs politiques qui se régénèrent indéfiniment ne sauraient plus continuer à régir la vie des Guinéens.

Ceux qui ont légué ou sont en train de mettre en pratique le mode de gouvernance qu’ils ont hérité : chaque système qui part cède à celui qui le succèdera ses affidés, ses larbins, ses fossoyeurs, ses courtisans doivent changer ou disparaître du paysage politique. Les pouvoirs qui recrutent sur des critères subjectifs bien connus : régionalisme, clientélisme, corporatisme, corruption et laissent libre cours à la gabegie ont fait leur temps.

Cette évidence s’imposera sous peu. Mais, c’est à nous d’accélérer la fin de cette réalité qui s’apparente à un clonage de systèmes ; à une perpétuelle reproduction de la même « progéniture politique » qui plombe notre pays depuis des décennies. Nous ne pourrions le faire si nous ne mettions un coup d’arrêt à un mécanisme bien rôdé qui vicie le système.

LES TRANSHUMANCES ET LA PLÉTHORE DES PARTIS POLITIQUES

 En Guinée, c’est comme si nous avions une pépinière pour faire germer des partis politiques. Le pays en compte près de deux-cents alors que le nombre d’ethnies se situe autour de la quarantaine. Une part d’explication de la déstructuration sociale et politique qui nous talonne, ces dernières décennies tout particulièrement, tient de cette réalité.

Les partis politiques -pour ne pas dire claniques- se plantent, se transplantent et se greffent à volonté selon les circonstances ou tendances politiques du moment.

Certains de nos compatriotes créent leur parti et le promène comme le ferait un banabana de Madina ou de N’gnenguéma de ses quelques fripouilles. Ils affectionnent tout particulièrement les périodes pré-électorales propices à se vendre au plus offrant.

Ailleurs, les acrobates font du cirque.  Chez nous, ils font de la politique. Ainsi, ce noble art de servir la cité tourne au jeu de cirque. Beaucoup de Guinéens se sont spécialisés à ce jeu que j’appelle : « La politique acrobatique » car, on a des politiciens acrobates.

Ainsi, a-t-on vu des « propriétaires de partis politiques », d’une dizaine de militants à peine, courtiser lors d’échéances nationales « les grands partis ». A force de démagogie, de diffamations, d’invectives, de dénonciations et d’incantations, ils décrochent gracieusement le sésame : le titre d’«Honorable» ou de maire qu’ils convoitaient.

Dès lors, ils reprennent leur bandoulière et « Bye-bye allié, vive le pestiféré d’hier ». Ils changent de camp : d’opposants, ils deviennent alliés au pouvoir et, inversement. Ils n’hésitent pas à revenir d’où ils sont partis si ça ne marchait pas. C’est ce que j’appelle : « La politique du ventre vide ou de la quête de pitance ». Comment sommes-nous arrivés à ces transhumances, migrations ou volte-face qui font malheureusement légion ?

LE GUET-APENS DES FASTES DU POUVOIR

Les fastes du pouvoir poussent beaucoup de responsables politiques, qui n’ont pas d’éthique ou de moralité, aux migrations ou « Navetanat politique ». Ces saisonniers de la classe politique guinéenne, sans attache, sont en quête perpétuelle, n’ont pas uniquement de titres, mais de quoi manger. Passer d’un bord politique à l’autre, traverser la frontière qui sépare opposition et pouvoir ne les gêne point. Cela, d’autant plus qu’ils n’ont, pour la plupart, aucune occupation professionnelle et n’espèrent pas à une retraite.

Dès lors, faire la politique devient une activité commerciale consistant, comme mentionné plus haut,  à vendre leur parti. Leur rachat acquis, ils sont aussitôt promus aux plus hautes sphères de l’Etat. Ils se distinguent par leur zèle sans limite. Ils foulent au sol les promesses de fidélité au parti qui leur avait servi de bouée de sauvetage et déroulé le tapis rouge.

L’ancien allié devient la cible à abattre ; son parti, une menace à s’en débarrasser. Désormais à lui, le déshonneur, les calomnies et les insultes. Un certain parti politique et son président en ont l’amère expérience. Bien de responsables de partis-bandoulière à l’agonie s’en sont servis pour retrouver du souffle et rejoindre l’adversaire au pouvoir. Pourtant, le terrain politique est si glissant.

C’est aux citoyens de mettre fin à ce genre de pratique et de comportement qui sème le flou, discrédite la politique et gangrène le climat social. Pour ce faire, il faudrait bien cerner la moralité des responsables, leur leadership ou représentativité au plan national avant d’adhérer à un parti politique. Ainsi, auront-ils, très certainement, la réponse à la question qui les taraude depuis bien longtemps.

QUI EST RÉELLEMENT OPPOSANT ?

Il n’est interdit à aucun citoyen de militer. Que le parti soit de l’opposition ou du pouvoir n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est le libre-choix et l’engagement qui en découlent.

Par conséquent, cette appartenance doit être pleinement assumée.  Jouer à la fois à l’écureuil et au ras-palmiste : « Je ne peux pas monter mais j’attends le fruit cueilli par l’écureuil pour me régaler » est à bannir dans la conquête du pouvoir.

Qui ne comprendrait les frustrations des militants des premières heures du Rpg par exemple ?  En une décennie de pouvoir de leur parti, certains d’entre-eux ruminent leur déception ou se meurent dans la misère alors que d’autres, qui n’ont lutté ni de près ni de loin, se beurrent. Ces visiteurs de la 25è heure arpentent les arènes du Palais alors que ceux qui ont subi brimades et emprisonnements sont rangés dans les oubliettes.

Les vrais opposants se battent, de loin ou sur le terrain, pour un changement réel ; pour le bien-être des populations. Ils sont sur un double front : contre le système en place et contre les migrants politiques. Les autres, s’ils n’ont pas encore rejoint le camp du pouvoir, cherchent à y arriver par tous les moyens. La preuve ?

Dès le lendemain de la prestation de serment du président déclaré, ils se sont empressés de donner les premières directives et se sont fendu des premières recommandations. A croire qu’ils étaient déjà ministres.

Il fallait les voir se bousculer le 15 décembre 2020, face aux caméras pour marquer leur présence dans l’espoir d’entrer dans la mangeoire gouvernementale.

Qui n’a pas écouté, les jours suivants, leur mea-culpa dans la perspective de se repositionner en potentiels alliés. Leur main tendue, sans aucune consultation des instances de leur parti, a conduit à plusieurs démissions de responsables. Désormais, ce sont les militants qui devront lâcher les troubadours politiques qui n’hésitent pas à mendier.

ALLABÈ,  ANNABIBÈ », UN POSTE POUR JOINDRE LES DEUX BOUTS

l y a de braves politiciens chez nous. Ils « sont opposants » depuis des décennies mais ils sont les premiers à courtiser le système qu’ils combattaient. Si cela n’est pas bien guinéen, ce n’est pas d’ailleurs non plus.

On a partout entendu des « Allabè, Annabibè » (s’il te plait) de la part de certains opposants sauf dans nos langues. Trop gênant. Alors, on se dissimule à dire la langue française : c’est plus commode et plus alambiqué, plus approprier pour se voiler la face. Au cas échéant, on aurait ouvertement entendu des prières faites au « Kê Koroba »  (grand chef) ou au « Mansa Kê ».

Dans tous les cas, bien de ceux qui luttaient contre le troisième mandat se sont subitement montrés, les uns plus que les autres, plus modérés, plus disponibles, plus vertueux en conseils et propositions.

Chacun d’entre-eux a tenu à exposer en premier ses lumineuses idées ; sa légitime volte-face : » Mon parti a tourné la page ; ce que je propose au président Alpha Condé ; nous devons aller de l’avant ; si on me proposait un poste… ; mon parti a pris acte ; il revient au président de la république de…, si on m’invite… ; il faut que… ; je propose que… ». Et Nyatiri poça ! (juron ironique). Mais le cirque continue.

Ne sommes-nous pas dans un pays où le chef de l’opposition qu’on lui a filée dispose d’un nombre illimité de quatre  (4) parlementaires ? Pourtant, il s’est proprement octroyé un cabinet de 15 membres.  Un nombre qui aurait pu augurer le premier gouvernement de la Quatrième République. A se demander où est passé « Korô Mansa » dont le goût pour le partage du pouvoir et l’acceptation de la rivalité sont bien connus.

Mais l’argent pue du côté du chef qui saura bien filer à l’opposition, des lianes, que dis-je, des liasses, de billets. Ah ! Pauvreté politique quand tu nous tiens. Car toutes les acrobaties mentionnées s’expliquent par la poche trouée et le ventre vide.

LES SYSTÈMES NE SONT RIEN

Il n’y a pas de système politique fort. Il ne peut y avoir que de peuple soumis ou qui refuse, du moins tarde, à assumer son destin.  Tout est entre les mains du citoyen détenteur du suffrage universel et unique porteur d’avenir.

Les Guinéens que nous sommes devrions intégrer cette philosophie qui nous permettrait de comprendre que la classe politique n’est que le reflet de notre propre image. Ce qu’exprime en termes simples l’adage : « tout peuple a les chefs qu’il mérite ».

Désormais, nous devrions choisir entre les opposants qui ont des objectifs, nourrissent un idéal réel, assument réellement leur vocation et les opposants fictifs ou virtuels qui nous bernent en nous prenant comme un objet de troc.

Chacun de nous devrait se dire, je veux sortir du cercle vicieux des présidences à vie. Je ne veux plus m’accommoder du comportement néfaste de certains opposants aux convictions aussi fluctuantes qu’une sauce de gombo et bien plus poreuses qu’un filet de pêche.

A nous de savoir qui, de l’opposant assumé à celui qui cherche où se poser selon les jeux politiques du moment, pourrait être le recours.  Qui est du pouvoir ou de l’opposition ? Qui a un pied dedans et l’autre dehors ?

Nous devrions nous demander si des politiciens, englués dans des divisions intestines et des débats qui tournent autour de l’ethnie et non de la nation, pourront mettre fin aux maux séculaires dont nous souffrons.

Enfin, il faudrait nous rendre à l’évidence qu’il nous est rarement arrivé de nous réveiller le cœur net pour nous réjouir des systèmes que nous avons connus. Tous les jours, nous nous répétons, et nos parents avant nous, les mêmes prières, les mêmes doléances, le même questionnement : « Oh ! Mon Dieu, quand est-ce que ce pouvoir aussi va prendre fin ? Fasse qu’il finisse de mon vivant ! ».

N’est-ce pas que l’eau, le courant, les soins, la sécurité, l’entente nationale, qui constituent notre quotidien vital,  nous sont aussi inatteignables que le sommet du Mont Nimba ?

A nous d’assumer notre destin en choisissant des dirigeants qui ne soient pas de simples guérisseurs de nos maux, mais des faiseurs de notre bonheur.

Par Lamarana-Petty Diallo

lamaranapetty@yahoo.fr

 

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A LA UNE

Officiellement prête à tourner la page, la Guinée hésite à feutrer le pas

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Il y a 50 ans, les autorités ont justifié «la victoire du peuple» face à «l’agression portugaise» du 22 novembre 1970 en condamnant à mort 80 personnes, considérées par le Tribunal révolutionnaire comme étant des «traîtres» et d’individus «apatrides» et «déloyaux» envers «la révolution».

Mais puisque «les faits sont têtus», et les commentaires libres, nombreux s’accordent au fait que l’opération du 22 novembre a été planifiée par le régime Sékou Touré en bonne intelligence avec les autorités portugaises qui négocient la libération de leurs 26 prisonniers aux mains des indépendantistes Bissau-guinéens, capturés par les combattants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et des îles du Cap-Vert (Paigc) et détenus à Kindia.

En échange, le régime en place tenait à obtenir la livraison de certains des plus farouches opposants guinéens basés à l’étranger (auxquels il a été fait miroiter une opération militaire amphibie montée par la France pour venir à bout du régime Sékou Touré) pour faire une purge interne.

A quelques jours du débarquement, un transfèrement des détenus de Kindia sur Conakry est réalisé. La tâche de déloger les 26 prisonniers du Paigc ne prend qu’un court laps de temps. Les Portugais repartent laissant derrière eux les débarqués.

D’autres présentent une autre version à cette histoire. Ils concluent que l’agression portugaise a été effectivement orchestrée par les puissances occidentales après avoir réussi à débarquer le Ghanéen Kwamé N’Krumah le 24 février 1966 et le malien Modibo Keita le 19 novembre 1968 qui avaient formé avec Sékou Touré l’Union Ghana-Guinée-Mali, une coalition contre les intérêts Occidentaux en Afrique.

«Ils étaient entre 350 et 420 soldats portugais et combattants guinéens en novembre 1970.» Et «l’objectif était de capturer Amilcar Cabral, le chef du Paigc, ou de tuer Ahmed Sékou Touré et renverser son régime». Au bilan, l’opération s’est soldée par la libération des 26 prisonniers de guerre. Selon une version relatée dans les grands médias francophones et lusophones, l’équipage portugais a perdu 8 de ses membres, dont 7 guinéens.

S’il est vrai que les témoignages et écrits sur ces événements ont tendance à inculper ou disculper les présumés victimes et le régime Sékou Touré, et que le pays tarde encore à valider les conclusions des travaux de la Commission provisoire de réflexion sur le processus de Réconciliation en république de Guinée dirigée par l’Archevêque de Conakry et le Grand Imam de la Mosquée de Conakry mise en place le 24 juin 2011 par Alpha Condé lui-même avec notamment l’appui du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (qui ont montré la voie permettant de rassembler toutes les parties et laver définitivement le linge sale en famille, comme l’a fait Nelson Mandela en Afrique du Sud) c’est qu’il y a assurément un sérieux manque de leadership et d’engagement au plus haut niveau de l’Etat en même temps que beaucoup d’hypocrisie.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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