L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a présenté, ce jeudi 14 mai à Conakry, en conférence de presse, les conclusions d’un rapport exhaustif sur les défaillances de la chaîne pénale en Guinée. Cette étude, réalisée sous la direction du consultant national Mamadou Malal Diallo, s’inscrit dans un projet global de renforcement de l’accès à la justice et de promotion de l’État de droit.
En s’appuyant sur des visites de terrain, des revues documentaires et des entretiens directs, l’organisation a souhaité confronter le cadre juridique national aux réalités concrètes des justiciables. « Nous avons procédé à des entretiens, à des visites de terrain, à une revue documentaire et à la rédaction du rapport.
Cette étude nous a permis de démontrer qu’il existe des efforts professionnels dans la chaîne pénale, mais également de nombreux défis structurels qui persistent », a expliqué Mamadou Malal Diallo.
Si l’expert reconnaît que la Guinée s’est dotée d’un arsenal législatif moderne intégrant des conventions internationales, le rapport dresse un constat alarmant sur l’application de ces textes. L’OGDH pointe du doigt une déconnexion profonde entre le Code pénal et la pratique quotidienne, marquée par une lenteur administrative chronique, une absence de numérisation des greffes et une coordination défaillante entre les institutions.
« Le manque de coordination institutionnelle, l’insuffisance des moyens et la mauvaise application de la loi constituent des obstacles à la bonne organisation de la chaîne pénale », a précisé le consultant.
Les conséquences humaines de ces dysfonctionnements sont illustrées par une surpopulation carcérale critique et des détentions provisoires dépassant l’entendement. « Nous avons recensé des cas de détention préventive de 10 ans, voire 16 ans, sans qu’il y ait eu de jugement ou de présentation devant un juge d’instruction.
Ce sont des situations qui portent atteinte aux droits fondamentaux et à la présomption d’innocence », a dénoncé Mamadou Malal Diallo, ajoutant que l’absence de digitalisation et le délabrement des infrastructures judiciaires paralysent le système. Pour remédier à cette crise, l’OGDH exhorte les autorités à engager une réforme structurelle urgente, passant par l’activation du fonds d’aide juridictionnelle, le respect scrupuleux des délais de procédure et la modernisation des tribunaux, afin de restaurer la confiance des citoyens et de garantir la protection des populations les plus vulnérables.
Par Mariam Bâ


