Le président Mamadi Doumbouya s’est rendu ce samedi 29 août 2026 sur le site de la décharge de Dar-es-Salam, une semaine jour pour jour après le tragique éboulement de la montagne d’ordures qui a dévasté le quartier. Ce déplacement présidentiel intervient alors que les victimes et familles sinistrées sont sorties du silence le même jour, à travers une déclaration officielle exigeant la fermeture définitive du dépotoir, la dignité pour les disparus et des réparations justes pour les biens détruits.
Drame de Dar-es-Salam : une semaine après, le président Doumbouya sur place, les sinistrés réclament justice
Sur le terrain, la présence du chef de l’État s’inscrit dans un climat de forte vulnérabilité sociale, accentué par les démolitions d’urgence des habitations situées dans le périmètre de la décharge.
Face à l’ampleur des destructions et au désarroi des riverains sans abri, le collectif des sinistrés s’est exprimé par la voix de son responsable de la stratégie de communication, Mouctar Bah, interpellant directement le sommet de l’État : « Nous ne sommes pas seulement des statistiques. Nous sommes des pères et des mères, des enfants, des familles », a-t-il martelé, refusant que le drame soit réduit à de simples rapports administratifs.
Au-delà de la détresse, le collectif a formalisé des revendications précises visant à garantir une prise en charge globale et transparente. Les victimes réclament un recensement rigoureux des pertes, une indemnisation équitable qui prenne en compte « des années de sacrifices et d’économies », un suivi médical et psychologique, ainsi que l’association étroite des familles à l’organisation d’hommages dignes pour les disparus. « Ces morts ne sont pas anonymes », a rappelé le porte-parole. Pour veiller à la concrétisation de ces engagements sans basculer dans l’affrontement, les riverains ont annoncé la création du Comité d’accompagnement, de suivi et de veille citoyenne de Dar-Es-Salam.
La principale exigence des riverains demeure l’arrêt définitif de toute activité d’enfouissement sur le site. Résumant l’exaspération collective par le mot d’ordre « Dar-Es-Salam n’est pas une poubelle ! », les habitants demandent la délocalisation immédiate de la décharge pour mettre fin à un risque récurrent, tout en réaffirmant leur volonté d’espérer en la reconversion du terrain en un espace utile à la collectivité.
Ce face-à-face à distance entre l’exécutif et la communauté locale survient au terme d’une semaine éprouvante.
Pour rappel, l’éboulement survenu dans la nuit du 22 au 23 août 2026 sous l’effet de fortes pluies a provoqué la mort d’au moins 34 personnes et fait plus de vingt blessés, selon le dernier bilan établi par l’Agence nationale de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires (ANGUCH).
La catastrophe a entraîné le relogement d’urgence de 542 personnes à l’école primaire de Dixinn Centre 1 sur les 1 500 identifiées comme nécessitant une réinstallation, le lancement du transfert des déchets vers Kouria, ainsi que le déguerpissement contesté de 72 ménages situés en zone rouge. Ce nouveau drame fait écho à la catastrophe du 22 août 2017 au même endroit, qui avait coûté la vie à neuf personnes.
Par Mariam Bâ


