Interpellé dans la soirée du vendredi 19 juin 2026, le président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), Rafiou Sow, a été déféré ce mercredi 24 juin 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, après plusieurs jours de garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à Conakry, a-t-on appris. Présenté à un magistrat pour son interrogatoire de première comparution, l’opposant politique guinéen est désormais dans l’attente des réquisitions du parquet, qui pourrait décider de son placement sous mandat de dépôt ou le laisser en liberté, conformément à la procédure pénale en vigueur.
Cette comparution s’inscrit dans le cadre de l’ouverture d’investigations judiciaires, annoncée le mercredi 17 juin 2026 par le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry. La procédure vise nommément Rafiou Sow pour son implication présumée dans le décès de la ressortissante canadienne Rachelle Wrathmall (également identifiée sous le nom de Rachel Whitemall), retrouvée morte à son domicile au Canada le 29 juin 2007.
Ce dossier, resté non élucidé pendant près de vingt ans, a connu un rebondissement récent en Guinée à la suite d’une dénonciation formelle. Citant cette source, le communiqué officiel du Parquet Général précise qu’il « a été saisi d’une dénonciation relative à des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale de meurtre en lien avec le décès de Madame Rachelle Wrathmall, citoyenne canadienne retrouvée morte à son domicile au Canada le 29 juin 2007. »
L’instruction de l’affaire a été confiée au Procureur de la République près le TPI de Dixinn, avec l’appui opérationnel de la DCPJ. Bien que les faits dénoncés se soient produits sur le sol canadien, la justice guinéenne fonde son action sur le principe de compétence extraterritoriale.
Ce cadre juridique permet aux juridictions nationales d’enquêter et de juger des infractions graves commises à l’étranger par un citoyen guinéen. À ce titre, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Fallou Doumbouya, qui a initié les investigations, déclare : « Au regard des informations contenues dans cette dénonciation et conformément aux dispositions des articles 41, 42, 44 et 759 du Code de procédure pénale, le Parquet Général a prescrit l’ouverture d’investigations judiciaires destinées à vérifier les faits dénoncés et à en apprécier la portée pénale éventuelle. »
Face à ces accusations, le dirigeant politique rejette toute implication. Selon les informations rapportées lors d’une récente interview accordée à une journaliste canadienne présente à Conakry, Rafiou Sow a formellement nié avoir connu Rachelle Wrathmall, que certaines sources présentaient pourtant comme ayant été son épouse.
Les autorités judiciaires guinéennes tiennent à préciser que, dans l’attente des conclusions de l’enquête, l’accusé n’est pas condamné. Le Parquet Général rappelle par communiqué officiel que, « Conformément aux principes consacrés par la Constitution de la République de Guinée, les instruments juridiques internationaux régulièrement ratifiés ainsi que les dispositions du Code de procédure pénale, l’intéressé bénéficie pleinement de la présomption d’innocence tant qu’une décision de justice définitive n’aura pas établi sa culpabilité. »
En outre, l’institution s’engage formellement à ce qu’elle « veillera au respect scrupuleux des droits de la défense, du principe du contradictoire, de la dignité du suspect ainsi que de l’ensemble des garanties procédurales prévues par la loi ». Dans cette même logique, le Procureur Général Fallou Doumbouya a réaffirmé sa « détermination à conduire cette procédure avec toute la rigueur requise par la loi, afin que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés ».
Par Alpha Abdoulaye Diallo


