La Chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a rendu son arbitrage ce mardi 17 février 2026. La juridiction spéciale a prononcé l’infirmité totale du premier jugement, renvoyant l’ancien ministre Ibrahima Kourouma et le comptable Mohamed V Sankon des fins de la poursuite pour délits non constitués.
Cette décision annule la condamnation prononcée le 14 mai 2025 par la chambre de jugement. À l’époque, si le tribunal avait relaxé l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire pour détournement de deniers publics, il l’avait néanmoins reconnu coupable d’enrichissement illicite. Ibrahima Kourouma avait alors écopé de quatre ans de prison ferme, d’une amende de 3 milliards de francs guinéens, ainsi que de la confiscation de ses biens immobiliers et bancaires.
En appel, la Cour a balayé ces accusations, estimant que les charges pesant sur l’ancien ministre et son co-prévenu, Mohamed V Sankon, ne reposaient sur aucun fondement légal établi.
Incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis le 21 avril 2022, Ibrahima Kourouma était au cœur d’une procédure portant sur des montants colossaux. Plus de 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars américains. Ces sommes, liées à la gestion des examens nationaux et aux infrastructures scolaires entre 2011 et 2014, constituaient le pivot de l’accusation.
Tout au long du procès, l’ancien ministre a maintenu sa ligne de défense, affirmant s’être strictement limité à son rôle d’ordonnateur et niant toute implication dans des malversations financières.
Le verdict de ce mardi marque le dénouement judiciaire de l’un des dossiers les plus emblématiques ouverts contre les dignitaires du régime d’Alpha Condé. Avec cette relaxe totale, Ibrahima Kourouma recouvre la liberté après près de quatre ans de procédure, tandis que Mohamed V Sankon voit sa mise hors de cause confirmée.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


