Le quartier Sangoyah, dans la commune de Matoto, à Conakry, a été le théâtre d’un double assassinat particulièrement brutal dans la soirée du mardi 31 mars 2026. Deux cambistes, Mamadou Mouctar Baldé et Sounounou Bah, ont perdu la vie après avoir été attirés dans ce qui s’apparente à un guet-apens soigneusement préparé. Selon les premiers éléments recueillis, les victimes auraient été contactées par un prétendu client pour une transaction de change portant sur 10 500 euros, soit environ 105 millions de francs guinéens. Une somme que Mamadou Mouctar Baldé transportait sur lui au moment du drame et qui a été dérobée par les assaillants, tout comme deux téléphones portables.
Le président de l’Association des cambistes de Guinée, Amadou Tidiane Koula, dit El Hadj Koula, apporte des précisions sur la violence de l’assaut. Selon lui, Mamadou Mouctar a été touché au thorax et Sounounou à la nuque. Il affirme que l’assaillant a tiré à bout portant avec l’intention manifeste d’éliminer les deux hommes. Le responsable de l’association précise qu’il n’avait pas connaissance de ce rendez-vous, soulignant qu’il s’agissait d’une opération entre collaborateurs.
L’oncle de l’une des victimes, Mamadou Saliou Baldé, a été alerté aux environs de 2 heures du matin. Il rapporte que Mamadou Mouctar est mort sur le coup, tandis que son compagnon a succombé à ses blessures peu après son arrivée aux urgences. Si la moto des deux jeunes hommes a été retrouvée sur les lieux, le flou persiste sur le déroulement exact de la fusillade en l’absence de témoins directs.
La thèse d’un piège dans un endroit isolé est toutefois privilégiée par les proches, d’autant que la victime principale avait sollicité l’appui de son ami, ne souhaitant pas se rendre seul au rendez-vous.
Les corps ont été transférés à la morgue de l’hôpital régional d’Enta pour les besoins de l’enquête. Sur place, la douleur se mêle à une profonde inquiétude sécuritaire. Face à la récurrence des coups de feu et des agressions, El Hadj Koula et les familles des victimes appellent les autorités à redoubler d’efforts pour protéger les citoyens. Mamadou Mouctar Baldé laisse derrière lui deux épouses, dont l’une est enceinte, alors que Sounounou Bah était père de deux enfants.
Une enquête est désormais ouverte pour tenter d’identifier et de retrouver les auteurs de ce crime.
Par I.Sylla


