Le président Mamadi Doumbouya a démis de leurs fonctions le directeur général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), Aladji Cellou Camara, et son adjoint, Jean-Marie Soriba Coumbassa, par un décret lu à la télévision nationale ce dimanche 28 juin 2026. Les deux ont été remerciés pour motif d’« inconduite ».
Dans la foulée de ces limogeages, le Chef de l’État a nommé un directeur général par intérim en la personne d’Alya Camara. Jusque-là directeur des ressources humaines de l’OGP, il assumera cette direction cumulativement avec ses fonctions actuelles.
Cette décision intervient quelques heures après la diffusion virale, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo exposant une violente altercation entre les deux dirigeants au sein même des locaux de l’institution. Les images documentent la tentative du directeur général adjoint (DGA) de forcer l’accès à une réunion à laquelle il n’était manifestement pas convié. Face à un agent de sécurité lui opposant un refus catégorique, Jean-Marie Soriba Coumbassa a justifié sa démarche en ces termes : « Je viens assister à la réunion de l’OGP. Cela concerne l’OGP, c’est pourquoi je suis là. »
L’incident a atteint son point de rupture avec l’intervention directe du directeur général, Aladji Cellou Camara. Devant plusieurs témoins, ce dernier s’est fermement opposé à l’entrée de son adjoint, justifiant cette exclusion en déclarant : « Non, tu n’es pas concerné. Vous avez déjà organisé votre réunion à mon insu et vous ne participerez pas à cette réunion. » Parvenant finalement à s’introduire dans la salle, le DGA a répliqué en portant de lourdes accusations contre son supérieur hiérarchique : « Mes agents sont aujourd’hui en prison à cause de lui… »
Cet éclat public s’inscrit dans un contexte documenté de paralysie et de défiance systémique au sommet de la régie publique. Selon les dernières informations relayées, une plainte officielle a été déposée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) à l’encontre de Jean-Marie Soriba Coumbassa à la suite de cette confrontation. Ce dernier avait d’ailleurs déjà fait l’objet, en début d’année, d’une suspension temporaire motivée par un « manquement grave à ses obligations », une mesure levée un mois plus tard et assortie d’une interdiction formelle de s’épancher sur les réseaux sociaux.
Par I.Sylla


