Dans un communiqué rendu public le 24 septembre 2026 depuis Banjul, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a exprimé sa « vive préoccupation » à la suite de la découverte, le 24 août 2026, de six corps dans une fosse commune à Sabakhouré, dans la sous-préfecture d’Allassonyah (préfecture de Forécariah). Faisant état de personnes retrouvées les yeux bandés et les mains ligotées d’après les informations qui lui sont parvenues, l’organe panafricain a indiqué que ces circonstances soulèvent de graves questions quant à de possibles « exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ».
La Commission a formellement demandé aux autorités guinéennes de diligenter une « enquête indépendante, impartiale, approfondie et transparente », tout en mentionnant qu’au mois d’octobre 2025, « quatre autres corps auraient été découverts dans la même préfecture, sans que les conclusions de l’enquête n’aient, à ce jour, été rendues publiques ».
Cette prise de position officielle s’ajoute aux réactions diplomatiques et associatives enregistrées à la suite du drame. Le ministère français des Affaires étrangères a également appelé à ce que l’instruction judiciaire ouverte en Guinée soit menée « en toute indépendance et en toute transparence ». Parallèlement, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement dissout, et le mouvement Tournons la page-Guinée (TLP-Guinée) ont publiquement formulé l’hypothèse d’exécutions ciblées, en se fondant sur les signalements et documents qu’ils affirment avoir rassemblés.
La découverte des dépouilles remonte à la matinée du lundi 24 août 2026 dans une zone forestière du secteur de Sabakhouré, où des citoyens s’étaient rendus pour ramasser du bois.
Selon les précisions officielles relayées par l’Agence Guinéenne de Presse (AGP), le chef du secteur, Alseny Soumah, a immédiatement avisé le maire de la commune rurale d’Allassonyah, Ibrahima Soriba Touré, qui a relayé l’information aux autorités administratives et aux forces de sécurité. « J’étais au bureau aux environs de 9 heures lorsque mon chef de secteur m’a appelé pour m’informer que des citoyens avaient découvert des signes inhabituels dans leur lieu de travail. Nous avons informé le sous-préfet qui, à son tour, a alerté le commissariat urbain de police. Le procureur a également été informé. C’est ainsi que six corps ont été découverts dans une fosse », a expliqué l’édile.
Aussitôt avisé, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Forécariah, Mamadou Lamine Diallo, s’est rendu sur les lieux avec des officiers de police judiciaire et des agents de la brigade de recherche de Coyah afin d’effectuer les constatations légales. Un habitant de Forécariah, M’Bemba Youla, présent lors de la sécurisation du périmètre, a apporté son témoignage : « Les lieux étaient sécurisés et nous n’avons pas pu accéder aux corps pendant le dépouillement. Les six corps retrouvés sont tous des hommes, dont un homme âgé qui pourrait avoir une soixantaine d’années. C’est vraiment un crime inadmissible. Les autorités doivent prendre des dispositions pour éviter qu’un tel acte ne se reproduise. »
À la suite des relevés d’usage, les six dépouilles ont été transportées à l’hôpital préfectoral de Forécariah pour les besoins de l’enquête et des procédures d’identification ordonnées par le parquet.
Afin de prévenir tout risque sécuritaire et de rassurer la population locale, le maire Ibrahima Soriba Touré a indiqué avoir « convoqué une réunion d’urgence avec tous les chefs de districts pour leur demander de renforcer la surveillance dans leurs localités et d’organiser des gardes un peu partout », rappelant que « les corps sont entre les mains de la justice pour les enquêtes ».
Par Guinee28


