La Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné l’interdiction formelle de la Web TV « Baro TV » sur toute l’étendue du territoire national et interdit à son promoteur, Lamine Camara, d’exercer la profession de journaliste ou toute autre activité liée aux médias, le jeudi 24 septembre 2026. Réunie en séance extraordinaire, l’instance de régulation motive cette décision par ce qu’elle qualifie d’exercice illégal d’activités de diffusion audiovisuelle en ligne depuis la sous-préfecture de Baro (Kouroussa), l’absence de qualification professionnelle de son responsable et un « refus manifeste et répété d’obtempérer aux injonctions » caractérisant un état de récidive. En application des articles 1 et 2 de la décision rendue publique, la HAC a mandaté les autorités administratives, communales et ses représentants locaux à Kouroussa et Kankan pour exécuter immédiatement l’interdiction d’exploiter le média et la suspension d’exercice visant M. Camara.
Cette décision intervient trois jours après une précédente série de mesures visant des médias en ligne. Le lundi 21 septembre 2026, la HAC avait interdit l’exploitation et la diffusion de dix Web TV ainsi que de deux sites d’information sur l’ensemble du territoire guinéen et sur toutes les plateformes numériques. Étaient concernés Yimbaya Medias TV, Dabola TV, Anelvision Web Media, Makono Médias, Mandeng Digital, Simandou TV, AK Médias, Siguiri 24 Star TV, Coyah TV et Kamanoyah TV, ainsi que les portails www.dabolainfo.com et www.guinee24plus.com, accusés par l’institution de s’être transformés en télévisions en ligne sans autorisation.
L’instance régulatrice a justifié cette interdiction par l’absence d’agrément légal, l’invalidation des cartes de presse des animateurs et le refus des promoteurs de se conformer à la réglementation malgré plusieurs avertissements, interdisant à toute personne liée à ces structures de poursuivre une activité journalistique ou audiovisuelle sous peine de poursuites judiciaires.
Ces mesures s’ajoutent aux décisions administratives et techniques engagées par le régulateur contre des médias internationaux. Le jeudi 17 septembre 2026, la HAC avait prononcé l’interdiction de diffusion avec effet immédiat de la chaîne d’information française France 24 par la décision N°032/HAC/P/2026.
Actant la révocation de l’autorisation d’émettre de la chaîne et le retrait des accréditations de l’ensemble de ses correspondants et envoyés spéciaux, le collège des commissaires avait réquisitionné l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) et ordonné au distributeur Canal+ Guinée de couper le signal télévisuel et de bloquer tous les accès numériques du média. La HAC qualifiait alors d’« insubordination » et d’« offense continue » le refus de la direction de France 24 de se conformer à la mise en demeure émise la veille à la suite d’un qualificatif jugé attentatoire à la dignité du président Mamadi Doumbouya. Bien que la chaîne française ait par la suite présenté ses excuses, l’interdiction de diffusion demeure maintenue par l’instance de régulation sur l’ensemble du territoire national.
La HAC avait initié ces dernières démarches le mercredi 16 septembre 2026 en annonçant le retrait immédiat de l’accréditation de Mamadou Diawo Barry, correspondant permanent du média international Jeune Afrique en Guinée, en raison de manquements reprochés aux obligations d’objectivité, de neutralité et d’équilibre de l’information.
Au cours de cette même journée, le régulateur avait émis la décision n°0031/HAC/2026 portant mise en demeure de France 24 tout en adressant un rappel à l’ordre aux télévisions en ligne, rappelant que la création d’une Web TV reste soumise à une autorisation préalable délivrée par les autorités publiques et qu’une simple déclaration d’existence auprès du Procureur de la République ne constitue pas un titre légal d’exploitation.
Par Guinee28


