La diffusion d’images de l’ex-magistrat à la télévision nationale est loin d’avoir apaisé les tensions. Dans un nouveau communiqué publié ce lundi 7 septembre 2026, le collectif des avocats d’Algassimou Diallo dénonce une double violation procédurale : une atteinte à la présomption d’innocence par l’exposition publique de leur client, et des contradictions dans les justifications de l’administration pénitentiaire. À la veille de l’audience devant la Cour suprême, la défense exige son retour immédiat dans la capitale.
Le transfèrement de l’ancien procureur Algassimou Diallo à la maison d’arrêt de Macenta, en Guinée forestière — à plus de 700 kilomètres de Conakry —, continue d’alimenter les débats juridiques et politiques. Inculpé fin août dernier pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, discrimination et participation à une association de malfaiteurs » à la suite de la fuite d’un enregistrement audio, l’ex-magistrat a été radié de la magistrature et déchu de ses titres honorifiques.
En réponse aux images diffusées par la télévision nationale (RTG) le dimanche soir, le collectif de la défense a publié son communiqué de presse n°3 daté du 7 septembre 2026. Si les avocats prennent acte que leur client apparaît « vivant et sans entraves apparentes », ils estiment fermement que cette séquence télévisée ne répond à aucune des demandes légales formulées. Le document souligne que la vidéo ne permet d’identifier ni le lieu exact ni la date de la prise de vues. Pour la défense, des images télévisées ne sauraient tenir lieu de preuve, rappelant que la détention se justifie juridiquement par un registre d’écrou et que l’état du détenu s’apprécie par une rencontre directe avec ses conseils et sa famille, des requêtes qui étaient d’ailleurs adressées aux autorités judiciaires et non à l’opinion publique.
Le ton monte particulièrement sur la méthode employée par les autorités. Le collectif relève que l’ex-avocat général a été filmé à l’insu de ses conseils et sans aucune nécessité de procédure. Les avocats dénoncent une violation flagrante de l’article préliminaire du Code de procédure pénale, arguant que livrer au public l’image d’un homme détenu avant tout débat de fond méconnaît les exigences liées à la présomption d’innocence ainsi qu’au respect de sa dignité.
Sur le fondement même du transfert, la défense pointe ce qu’elle considère comme des contradictions de la part de la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire. Alors que cette dernière évoquait la veille des impératifs de « gestion administrative » pour justifier ce déplacement, le collectif affirme que le Directeur national lie par ailleurs ce transfèrement à la demande de renvoi présentée par la défense devant les chambres réunies de la Cour suprême. Or, cette demande est toujours en délibéré et la Cour ne se prononcera que le 8 septembre. Pour les avocats, fonder une telle mesure sur une décision non encore rendue supposerait que l’administration pénitentiaire en connaisse l’issue par avance.
À quelques heures de l’audience cruciale du mardi 8 septembre, la défense maintient l’intégralité de ses réclamations. Le collectif renouvelle sa demande d’obtention d’un extrait du registre d’écrou, exige une visite immédiate de la famille et des conseils, réclame la communication du fondement légal de ce transfèrement, et demande formellement le retour de son client à Conakry afin qu’il puisse comparaître devant ses juges.
Par Guinee28


