Le procès de l’ancien magistrat Algassimou Diallo s’est ouvert puis a été immédiatement renvoyé au mardi 8 septembre 2026, suite à une décision rendue ce vendredi 4 septembre par la Cour suprême de Conakry. Poursuivi par le procureur général pour des faits de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination » et « association de malfaiteurs », l’ex-avocat général a vu sa défense obtenir cet ajournement face au ministère public qui réclamait l’ouverture immédiate des débats.
Dès l’entame de l’audience présidée par le juge Ibrahima Sory I Tounkara, le pool d’avocats de la défense a exigé un report au nom de l’égalité des chances. Invoquant la nature criminelle du dossier, les conseils ont argué qu’une telle procédure nécessitait un temps de préparation supplémentaire et ne pouvait être jugée pendant les vacances judiciaires sous peine d’irrégularité. En réponse, le procureur général, Siddy Souleymane N’diaye, s’est formellement opposé à cette requête, la qualifiant devant la Cour de « superflue et non motivée ». Après avoir suspendu l’audience pour délibérer, le juge a finalement tranché en faveur d’un renvoi à la semaine suivante afin de statuer sur cette demande et de fixer la suite de la procédure.
Selon le rôle d’audience, enregistré sous le numéro RG 56 du 27 août 2026, l’ancien procureur de Dixinn ne comparaît pas seul et figure en tête d’une liste de plusieurs défendeurs. Pour faire face à ces lourdes charges, il est assisté par un important collectif de la défense comprenant Maîtres Murielle Houindo, Houleymatou Bah, Lancei 3 Doumbouya, Mama Aissata Fofana, Mamady Soufiane Kouyate, Alpha Amadou DS Bah, Almamy Samory Traore, Moussa Diallo et Raffi Raja. Cette audience publique de haute importance intervient quelques jours seulement après l’audition à huis clos de l’accusé devant la même juridiction, phase d’instruction d’où il était ressorti sous haute escorte policière sans qu’aucune déclaration ne soit faite par ses conseils.
Cette comparution devant les chambres réunies de la plus haute juridiction du pays s’inscrit dans la continuité directe d’une chute institutionnelle fulgurante. Figure emblématique de l’accusation lors du procès des massacres du 28 septembre 2009, Algassimou Diallo a été visé en l’espace de quelques jours par une suspension conservatoire du ministre de la Justice le 18 août 2026, suivie de sa révocation par le Conseil supérieur de la magistrature le 20 août, avant que sa radiation définitive des effectifs ne soit entérinée par décret présidentiel le 21 août.
Par I.Sylla


